Théâtrorama

Zik Bazaar

Transfuges du spectacle « Les Bons becs en voyage de notes », Florent Héau et Bruno Desmouillières, sous la bienveillante et efficace férule de Caroline Loeb à la mise en scène, remontent un gros barouf musical délirant. Mais attention : la qualité des instrumentistes vire à la performance. Du très haut de gamme donc, emballé dans une grosse déconnade.

Ils se sont baladés partout avec leur précédent spectacle « Les Bons becs en voyage de notes », promenant leur virtuosité et leur bonne humeur dans toute la France et même au-delà. Ils ne sont plus que deux pour ce « Zik Bazar » mais leur occupation de la scène va en scotcher plus d’un. L’idée de départ : faire se rencontrer deux univers. Celui d’un concertiste de musique savante et celui d’un spécialiste des musiques ignorantes. Ainsi énoncée, la chose peut sembler un peu loufoque. Sa concrétisation scénique, qu’on se rassure, le sera bien davantage. Car c’est à un énorme amusement que nous convient ces deux hurluberlus. Assurant aussi bien la drôlerie du jeu de scène que la virtuosité de la partie musicale (et là, la présence de Caroline Loeb à la mise en scène y a été pour beaucoup car tous deux sont avant tout des musiciens), ils vont enchaîner des numéros tous plus fous les uns que les autres et déchainer un public qui reste baba devant des sons extirpés d’objets les plus inattendus.

La douce musique d’une engueulade…
En effet, tout est bon pour transformer le moindre bruit en musique, même les engueulades ! Il suffit pour cela d’associer quelques sons, d’harmoniser quelques phonèmes. Et du côté des accessoires, une poêle, une scie, un tuyau en plastique ou encore un entonnoir et même des demi voire quarts d’instruments vont se succéder sur la scène et faire exploser en bouquet de notes ce qui chez le commun des mortels ne serait qu’insupportable cacophonie.

Evidemment, l’exercice musical est purement génial. Associé à une cohorte d’ingrédients visuels, de facéties, d’utilisation burlesque de ces accessoires conférant à ce spectacle sa touche immensément sympathique, il devient performance. Et joue d’un éclectisme absolu, de Nougaro à Philippe Lavil, de Bizet à Satie, se baladant également sur tous les continents avec des airs traditionnels irlandais, japonais, haïtiens, pygmées… Un vrai tour du monde en moins de 80 minutes dont on sort léger et ragaillardi.

[note_box]Zik Bazaar
Mise en scène : Caroline Loeb
Avec Florent Héau (clarinettes) et Bruno Desmouillières (percussions)
Lumière : James Angot
Chorégraphie : Philippe Chevalier [/note_box]

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