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Vies de papier, bric-à-brac de brocanteur

Vies de papier de la Compagnie La Bande PassanteVies de papier – Un spectacle touchant entre respect et douceur, partage et tendresse.
Qu’est-ce qui, dans un bric-à-brac de brocanteur, nous pousse à acheter tel objet plutôt que tel autre ? En septembre 2015, en fouillant dans les cartons d’une brocante à Bruxelles, Tommy Laszlo, artiste plasticien, trouve un album photo exceptionnel, d’une part par son état de conservation impeccable, d’autre part par la qualité et la singularité du travail de mise en forme des photos. Il hésite un instant et comme un signe, alors qu’il se décide à l’acheter, les cloches de la grande cathédrale de Bruxelles se mettent à carillonner. L’objet l’intrigue par son contenu et sa précision. Par les interrogations qu’il suscite aussi : pourquoi jette-t-on son histoire familiale ? Que va-t-on chercher dans les histoires des autres ? Quand il en parle à Benoit Faivre, vidéaste et créateur sonore, les deux amis décident d’aller y voir de plus près…

Vies de papier et road-movie

Conçu avec une patience infinie, orné de dessins et de peintures, l’album est une sorte d’hommage rendu à une petite fille qui se prénomme Crista, de sa naissance à son mariage. Une photo de famille sur une plage tranquille de l’Allemagne des années 30. Au fond un drapeau orné d’une croix gammée. La grande Histoire s’invite dans la petite et lance nos deux compères sur les routes de France et d’Allemagne, de Metz à Berlin en passant par Ringesburg et Bruxelles, sur les traces de Crista. Cartographiant les villes ou les villages, recoupant les images d’hier à aujourd’hui, Tommy Laszlo et Benoît Faivre retrouvent des lieux, des personnes et surtout des interrogations qui, peu à peu, loin des apparences et des préjugés, redessine l’histoire de vies dans une Allemagne avant guerre.

Découpant, reconstituant les images, les textes, prolongeant leur réflexion, ils se trouvent embarqués tous les deux dans une histoire où les temps, les espaces, les rêves et les histoires finissent par s’entrechoquer. Suppositions avérées ou non, vérités et mensonges. Surgit aussi une autre question : quelle est la part de nous-mêmes qui est touchée dans la découverte de photos d’une vie étrangère ?

Tommy Laszlo se souvient alors que cette route qu’ils empruntent en quête de l’histoire de Crista est aussi celle de ses vacances d’enfance vers la Hongrie, pays d’origine de ses parents. Benoît Faivre se souvient, de son côté, qu’une partie de sa famille est allemande et a peut-être vécu dans le temps et l’histoire de Crista et de sa famille. Les photos de l’album constituent alors les jalons du chemin d’une histoire familiale personnelle avec ses non-dits, ses secrets, ses points de suspension et d’interrogation.

Au-delà de l’acte artistique se pose alors la question de la responsabilité : quel est l’impact des révélations d’une vie qui ne nous appartient pas? De quelle façon sommes-nous influencés par ces découvertes dans le cours de nos propres existences ? Vies de papier, vies filmées…Quelle que soit le support et la forme, chaque vie, par-delà les temps et les espaces, semble faire écho à une ou plusieurs autres à travers des souvenirs cousus de trous de mémoire et d’interrogations existentielles.

Filmant l’aventure au jour le jour sur deux ans, Tommy Laszlo et Benoît Faivre construisent leur documentaire au fur et à mesure des lieux et des personnes qu’ils retrouvent, illustrant les images filmées de commentaires en direct, de chemins cartographiés ou de dessins explicatifs, filmant aussi les souvenirs racontés par leur propre famille. S’inscrivant dans toutes les directions, l’histoire de Crista s’arrête pour se prolonger à travers la leur et peut-être la nôtre comme un nouveau regard sur nos propres vies.

 

Vies de papier
La compagnie La Bande Passante
Écriture et Réalisation : Benoît Faivre, Tommy Laszlo, Kathleen Fortin, Pauline Jardel
Interprétation : Benoit Faivre, Tommy Laszlo
Prises de vues : Pauline Jardel
Création musicale : Gabriel Fabing
Lumière : Marie Jeanne Assayag-Lion
Costumes : Daniel Trento
Régie et petite construction : Marie Jeanne Assayag-Lion, David Gallaire, Thierry Mathieu et Daniel Trento
Construction décor : La Boîte à Sel
Durée : 1 h 15

Vu au Théâtre Le Mouffetard

Tournée 2018
• 6 ou 7 février – L’Arc, Scène Nationale du Creusot
• 13 février – Théâtre de la Madeleine, Troyes
• 19 – 23 mars – CCAM, Scène Nationale de Vandoeuvre-les-Nancy
• 5 avril – L’Illiade Illkirch-Graffenstaden
• 7 avril – La Broque / Schirmeck
• 10 avril – Festival FACTO / La Méridienne, Scène conventionnée de Lunéville
• 17 avril – Muntzenheim / Espace Ried Brun
• 22-23 mai – Festival Perspectives, Sarrebrück (Allemagne)
• Juillet – Festival Récidives, Dives-sur-Mer
• 20 – 23 septembre – J-365 Charleville
• Octobre – Figurentheater à München (Allemagne)
• Novembre – Festival UNIDRAM à Potsdam (Allemagne)
• Novembre – Festival de la SCHAUBUDE BERLIN (Allemagne)

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