Théâtrorama

On attendait mieux de cette adaptation française de la comédie de Broadway « The Philadelphia Story ». La mise en scène de Pierre Laville conformiste et ronronnante déçoit.

Voilà une histoire de théâtre qui s’annonçait sous les meilleurs augures. D’abord, l’adaptation française reposait sur une comédie américaine à succès. En 1938, la pièce de Philip Barry, The Philadelphia Story, hissait Katherine Hepburn au firmament des stars. Deux ans plus tard, l’adaptation sur grand écran par George Cukor, avec le trio Hepburn, Cary Grant et James Stewart (rien qu’eux !), avait tôt fait de conquérir le monde entier. Et puis, la distribution française reposait sur une brochette de comédiens confirmés : Anne Brochet, François Vicentelli, Julien Boisselier… Enfin, sur fond de marivaudage, l’intrigue tenait la route : Tracy Lord, une riche héritière de la haute société de Philadelphie, snob et capricieuse, s’apprête à se marier pour la seconde fois. Mais deux journalistes peu scrupuleux sont envoyés en reportage dans la demeure cossue, accompagnés de son ex-mari qui envisage de la reconquérir…

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Petit marivaudage
Pourtant, rien n’y fait. La version française ne tient pas ses promesses. Loin de là. Dans la première partie, trop de bavardage et de lenteur lassent illico presto un public qui aspire, à chaque réplique, à un sursaut salvateur. Les dialogues manquent de piment, de verve. La mise en scène sans surprise, alourdie par un décor cossu, met à rude épreuve des comédiens qui bataillent dur pour se tirer de cet enlisement dramatique. En bourgeoise sotte et vaniteuse, Anne Brochet (Tracey Lord) ne parvient pas à tirer totalement son épingle du jeu. On la surprend à minauder, à se complaire dans des manières un peu faciles. Que dire de François Vicentelli, étonnamment effacé et pâle à l’image de son costume écru ? Heureusement, le rythme monte d’un cran dans le deuxième acte : Anne Brochet retrouve un second souffle et campe une Tracy pétillante et désinvolte, finalement attachante.

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Seule consolation du spectacle, et pas des moindres : Julien Boisselier, très convaincant dans le rôle de Macaulay Connor, reporter à scandales et écrivain raté. A la fois bougon et idéaliste, engagé dans la lutte des classes, il peste contre les riches, raillant les manières d’une haute société américaine engoncée dans ses préjugés : « ça sent le riche, une odeur si forte et plus mauvaise encore que quand ça sent le pauvre ». Boisselier offre un jeu original, tout en relief. Il s’en sort bien. C’est osé et décalé. Ses interventions, toutes cocasses, atteignent leur apogée lorsqu’il avoue, chancelant d’ivresse, son attirance touchante à Tracy.

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De Philip Barry.
Adaptation et mise en scène Pierre Laville.
Avec Anne Brochet, Julien Boisselier, François Vincentelli, Yves Hasc, Nathalie Boutefeu…
Jusqu’au 31 octobre
Du mardi au samedi à 20h30. Le samedi à 17h et 21h. Le dimanche à 15h30

Théâtre Antoine
14 boulevard de Strasbourg, 75010 Paris
Réservations : 01 42 08 77 71
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