Théâtrorama

Un kaléidoscope amoureux qui capte toutes les facettes du couple. Des débats aux ébats, il n’y a qu’un pas pour une comédie qui décortique avec délice les rapports de forces, les désaccords et les corps à corps d’une ronde de couples.

Il faut au moins être deux pour former un couple (à trois, ça se transforme en vaudeville, à quatre, tout finit dans un club échangiste). Et au moins deux pour se donner la réplique. Un homme, une femme, le dialogue (de sourd parfois) est éternel. Une éternité qui dure le temps d’une étreinte, le temps d’enchaîner les situations, de passer d’un quiproquo à un quotidien qui tourne au pugilat. La vie est une improvisation permanente (certains manquent parfois d’inspiration), le couple se met en scène et les deux comédiens forment un duo complice dans un marathon amoureux où chacun tire l’autre (façon de parler) vers la ligne d’arrivée.

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Raconter l’intrigue de cette pièce pétillante c’est comme dévoiler les ingrédients secrets du mille feuilles. La recette est immuable (encore une comédie sur le couple et les rapports entre hommes et femmes, soupire le spectateur en quête d’une pièce à se mettre sous la dent en feuilletant l’Officiel des spectacles). Mais le petit truc en plus qui donne du goût (et de l’esprit, beaucoup d’esprit, ô joie des amateurs de bonnes répliques qui se nourrissent d’un bon mot), et qui fait que chaque minute passe trop vite (déjà fini ? Quand c’est bon, on aime quand ça dure, c’est comme tout…) est un des composants principaux de « Tu m’aimes comment ? ». Le résultat ? Une pièce montée savoureuse grâce à la patte tout en finesse de Sophie Cadalen et à la griffe de la mise en scène dynamique de Virginie Serre qui donne un écho à chaque bon mot et une place central au corps.

Du duo au duel…
cadalen11« Tu m’aimes comment ? » : que celui ou celle, les yeux remplis d’amour guimauve (au bout d’un moment, ça gave la guimauve) qui n’a jamais posé cette question stupide à son alter ego, proie facile de ses envies d’approfondissement narcissique, aille surfer sur la chronique du « Soulier de Satin » (on a la punition qu’on mérite). Les rapports de couple finissent par devenir mathématiques comme des équations à deux inconnues. Une constante qui place les portraits de couple de Sophie Cadalen dans une vérité que retrouvera chaque spectateur.

De la femme chez qui l’amour rend presbyte (il y en a tellement) à la dominatrice qui se délecte de son homme objet désespéré d’être traité comme un simple vibro (mais il y a des vibro qui sont vénérés !), de la femme soumise qui mesure ses mots, à la femme en quête de rencontres qui les aiguise, les peintures, crues parfois, mordantes souvent, que nous propose l’auteur tombent toujours juste et trouvent un écho parfait avec son partenaire, concentré de talent sur patte, Hervé Nael. La psychanalyste spécialiste des rapports de couple, qu’est Sophie Cadalen, n’hésite pas à se coucher sur le divan pour donner vie à ses personnages et leur insuffler une bonne dose d’humanité.

Pétillante et diaboliquement sensuelle, elle donne la cadence aux scénettes qui se succèdent sans fausse note, comme si tous les portraits n’étaient que la métamorphose du couple au fil de sa relation. Une évolution naturelle qui mène le couple au meilleur comme au pire. La mise en scène millimétrée de Virginie Serre vient renforcer le socle du couple de comédiens. Il suffit d’un détail, une pose, un objet pour passer le relais d’une situation à une autre. Un enchaînement tout en fluidité entretenue par les plages musicales et dansées, comme une invitation au charnel qui plonge les corps dans une intimité qui ravit le public voyeuriste.

Tu m’aimes comment ?
De Sophie Cadalen
Mise en scène de Virgine Serre
Avec Sophie Cadalen et Hervé Nael
Jusqu’au 25 février 2011
Vendredi à 19h45

Pixel
6, rue de la 18, rue championnet, 75018  Paris
Réservations : 01 42 54 00 92

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  1. Tu m’aimes comment? est prolongé au Théâtre Pixel jusqu’au 25 juin 2010 tous les vendredis à 21h45 avec 2 relâches exceptionnelles le 5 mars et le 7 mai.

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  2. Sophie Cadalen joue actuellement également dans « La Cuisine d’Elvis » de Lee Hall au Théâtre Pixel toujours avec une mise en scène de Virginie Serre (et oui encore !) et Jérôme Tomray.
    « La Cuisine d’Elvis », c’est une comédie sur le sexe, la bouffe, le bonheur et comme la cerise sur le gâteau, sur Elvis Presley.

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