Théâtrorama

Dotée d’un capital sympathie indéniable, la chroniqueuse du « Fou du roi » sur les ondes radiophoniques, révèle un énorme potentiel de comédienne dans un spectacle multiple, drôle et tendre, très introspectif et globalement réussi. Manque toutefois une vraie mise en scène pour cimenter tout ça.

Un immeuble, des voisins : Rateau, un frappé qui cogne et perce à longueur d’année, monsieur Montclair dont l’épouse a mystérieusement disparu, la concierge plus bignole que la caricature qu’on s’en fait… Au milieu de cet étrange aréopage, Trinidad, affublée d’une caisse qu’elle vient de récupérer de sa mère atteinte d’Alzheimer. En ouvrant cette boite, elle découvre un disque d’une chanteuse de jazz…

Il règne dans ce spectacle un étrange mélange de choses archi-convenues et d’originalités fulgurantes. Pour étayer une histoire assez alambiquée qui convoque des éléments très personnels, l’auteure-comédienne s’est entourée d’une galerie de personnages aux comportements on ne peut plus attendus, de la blondasse qui rime avec gourdasse à la Chinoise adepte de médecine orientale en passant par l’inévitable bignole plus commère que celle de votre immeuble. Ces personnages dont les comportements sonnent comme des pléonasmes dans notre conscience collective sont nécessaires, bien sûr, car ils constituent un repère au spectateur qui sinon, se noierait facilement dans le propos. Difficile donc d’en tenir rigueur à Trinidad, bien au contraire, d’autant qu’elle campe ces figures avec une fougue délirante. La recette fonctionne donc pile poil pour cette partie-là.

Crédit photo Benoit Cambillard

Un début qui cafouille
Le contrepoint beaucoup plus personnel, plus grave, évoquant peurs de l’enfance, secrets de famille et quête identitaire, va avoir plus de mal à convaincre. Le propos, trop éclaté, risque de laisser le spectateur en rade. La situation n’étant par ailleurs pas franchement énoncée clairement d’entrée de jeu (mais « On y travaille » nous a assuré la comédienne), le décrochage menace à chaque instant. Il manque à ce spectacle au potentiel énorme, outre une salle mieux adaptée, une mise en scène rigoureuse qui gommerait ces flottements et permettrait de maintenir cet équilibre entre intimisme et humour qui n’est pas la moindre de ses qualités. La conjonction de folie (que soulignent des éclairages et des costumes délirants) et d’introspection, deux pôles qui s’attirent autant qu’ils sont antinomiques, requiert de la précision, une véritable colonne vertébrale pour atteindre son plein rendement. Or ici, l’ensemble reste encore trop désarticulé.

Le Miroir, de Trinidad
Mise en scène : Christophe Luthringer
Avec : Trinidad et Vanina Sicurani
Musique originale et arrangements : Charly Ménassé
Création lumière : Olivier Coudun
Costumes : Dominique de Roo-Baabou
Création chapeaux : la Ma.J des chapeaux
Jusqu’au 13 juin 2011, tous les lundis à 20 heures

Théâtre Trévise
14, rue de Trévise, 75009 Paris
Site web
Réservations : 01 48 65 97 90
Durée : 1h30

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