Théâtrorama

A travers ses récits hilarants où la voiture tient la vedette, Fellag raconte l’Algérie aux algériens et aux français de souche ou d’ailleurs, sans revanche ni acrimonie. Il distille ses vérités avec finesse et nous donne à regarder, deux cultures aux histoires croisées, avec bienveillance et affection.
Sur la scène, des fils à linge où sèchent des draps blancs, des vêtements colorés et perchées sur les murs, des paraboles télé. Un bidon-ville d’Alger qui pourrait être aussi un HLM d’une banlieue parisienne. On entend le bruit d’un moteur. « c’est la 403 », murmure un spectateur. Un pneu surgit suivi de Salim-Fellag qui entre en scène sous un tonnerre d’applaudissements. L’auteur-acteur raconte le cas classique où la voiture, plutôt la « Peugeot », calant, l’ensemble des algériens ( dont l’imam, le prof de philo français laïc en chômage technique) se trouvant alentour, se font un point d’honneur à donner leur avis sur la cause de la panne, … « le seul endroit où la démocratie s’exprime en toute liberté ». Ils arriveront à réparer, à eux tous, l’engin, car « si la voiture est privée, le moteur lui, est nationalisé ».

Mécanique bien huilée
Puis Salim et Shéhérazade, sa femme (la pétillante, Mariane Epin, ancienne-Comédie Française) vont conter d’autres histoires de la vie quotidienne avec humour et légèreté, tout en évoquant les problèmes du pays et des solutions de la débrouille: le déclin de la classe moyenne, la crise du logement qui conduit à la promiscuité, le manque d’eau, les fonctionnaires, les services publics qui ne marchent pas, les désirs d’immigration, les tribulations d’un Mouloud Arab en France…et même l’islamisation de l’ancienne puissance coloniale… On rit de ce que rien ne va, même « des chinois qui étaient deux il y a 5 ans et maintenant 100 000 ou plus en Alger et autant à Oran », des habitudes de travail asiatiques bien éloignées de celles du bled ou de l’épopée de l’achat de la Mercedez en Belgique. Une vie pas facile, mais une vie peuplée d’amour de voitures et d’amis. Fellag s’adresse au public, sûr de sa complicité. Il agrémente son texte d’expressions bien senties ou familières en algérien, qu’il traduit dans la foulée, pour ne laisser de côté aucun spectateur. Son but n’est pas de parler à certains mais que tous, rassemblés, l’écoutent et se divertissent dans un même rire franc. Objectif réussi.

[slider title= »INFORMATIONS & DETAILS »] Tous les algériens sont des mécaniciens (site web)
De Fellag, avec l’auteur et Marianne Epin
Jusqu’au 28 mars
Du mardi au samedi à 21h. Dimanche 15h
Théâtre des Bouffes-Parisiens 4 rue Monsigny, 75002, Paris
Réservations: 01 42 96 92 42
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