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Festival Au temps pour nous au Théâtre de l’Opprimé

Théâtre de l’Opprimé : Tout seul mais ça va Le festival Au temps pour nous qui se déroule en ce moment au théâtre de l’Opprimé propose de nombreux moments conviviaux dans un esprit de cabaret. Des artistes choisis pour leur talent et leur humanité produisent des spectacles simples, des esquisses, des premiers pas dans tel ou tel genre. Des discussions et débats avec le public peuvent se poursuivre autour d’un verre dans le bar du théâtre. C’est dans ce cadre que le comédien et metteur en scène Brice Cousin a donné son délicieux et émouvant « Tout seul mais ça va » qui relate sous forme de stand-up les étapes de la reconstruction intime d’un homme après une rupture amoureuse.

Il faut beaucoup de talent pour réussir des spectacles simples, une grande finesse aussi, et surtout une sincérité à toute épreuve. À partir d’une expérience de rupture amoureuse, et la prise de conscience comique que ce qu’il a vécu est universel et donc peut être partagé, Brice Cousin choisit de nous transmettre de bons conseils sous forme de stand-up.

Si la forme nous est à présent (trop) habituelle, le comédien nous surprend par l’ajout d’un ingrédient trop souvent absent de ces one-man-show : l’émotion. En effet, la rupture amoureuse est une véritable blessure, que l’on cache souvent par le déni, ou qui se trouve recouverte sous l’avalanche de pensées rassurantes et pré-mâchés dont nous accablent nos proches et amis.

Pas de surplomb ici, ni de cette fausse inimité dont s’habillent nombre de comédiens de stand-up quand ils nous parlent de leur nouveau shampoing ou de la façon dont ils lacent leurs chaussures, ou quand – hélas – ils s’abandonnent à la tentation de nous partager leurs lumières sur tel ou tel événement politique.

Rire et émotion au Théâtre de l’Opprimé

Théâtre de l’Opprimé : Tout seul mais ça va Ici, seule la sincérité et une émotion à fleur de peau forment l’essentiel de ce qui nous est apporté. Et c’est désarmant… Qui peut se dire en entrant dans un spectacle de stand-up qu’il en ressortira bouleversé, ému…? Le rire est partout présent et accompagne l’émotion. Le rire n’est pas le centre du spectacle mais la structure qui permet à l’émotion de s’exprimer et d’être partagée.

Le contrat de vraisemblance qui lie le spectateur à l’interprète joue ici à plein. On ne sait pas ce qui est vrai dans ce que dit l’interprète, alors on imagine que tout est vrai. Mais on est protégé du risque du déballage intime par la forme même du spectacle qui induit que tout est potentiellement inventé. L’intime devient alors un récit que l’on peut recevoir et ça fait du bien, beaucoup de bien.

On s’amuse beaucoup à chacune des étapes de la reconstruction de cet homme, la sincérité de l’émotion renforçant le rire comme pour le remercier. L’interprète en passe par toutes les étapes – y compris les plus grotesques, comme de compenser le manque de l’autre en se rattachant à des façons de draguer qui ne lui ressemblent pas forcément… – il tente de se sortir d’un sentiment qui devra suivre son cours malgré toutes les tentatives effectuées pour le surmonter. Quoi qu’il fasse, quoiqu’il écoute à la radio, quoiqu’il vive, tout le ramène à elle… C’est humain, très humain, drôle et émouvant.

Brice Cousin disait à l’issue du spectacle qu’il s’agissait d’un « one shot » qui ne pas forcément destiné à être repris. Mais nous étions nombreux dans la salle, au Théâtre de l’Opprimé, à nous dire que ce spectacle mériterait d’être joué et rejoué… Un peu comme une histoire d’amour.

Le festival Au Temps pour nous
Tout seul mais ça va
Ecrit et interprété par Brice cousin
Crédit photos : Léa Fort

Le 11 janvier au Théâtre de l’Opprimé

 

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