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Le Syndrome du banc de touche de Léa Girardet

Très émouvante, cette revue de presse de soi-même. Très touchante, très réussie. À travers un dispositif simple – la mise en parallèle de sa vie de comédienne et des heurts et bonheurs d’une carrière de footballeur – Léa Giradet transmet une très belle histoire vraie, tragique et comique (êtes-vous une comédienne de tragédie ou de comédie ?) qui porte sur la volonté, la ténacité et les moments de découragements profonds qui touchent toute personne ayant choisi ce métier précaire dans lequel les places sont chères…

On refait le match…

Le Syndrome du banc de toucheLa psychanalyste de Léa, délicatement fictionnée en fond de scène, fait le lien entre les récits intérieurs de la jeune comédienne et son principal modèle sportif : l’entraîneur Aimé Jacquet, décrié puis adulé, qui a su résister à toutes les attaques pour finalement porter son équipe à la victoire.

Nous sommes dans le vestiaire d’un stade, au cours d’un match. L’entraîneur parle à ses joueurs. Il trouve les mots pour les motiver et les mettre face à leurs responsabilités. Ces mots sont souvent simples, – et décalés, comiques, naïfs, sortis de leur contexte – et pourtant ils portent de vraies valeurs. Léa est dans l’équipe. Elle écoute. Elle fait son chemin. L’important pour elle, c’est cela : ne pas laisser les autres raconter son histoire à sa place, prendre et reprendre le fil de son récit. Tenir, mais sans s’aveugler. Se faire face.

À travers ce récit humble et drôle, chacun pourra se reconnaître. Il s’agit de ne pas s’entêter à être un héros de magazine, un winner parfait à qui sourit la vie – et à qui il est finalement pas très juste de s’identifier – mais de devenir ce que l’on est : un être humain que personne n’attend et qui porte en lui ses propres trésors. Léa finit par s’affirmer, à envoyer dans les cordes les indélicats – nombreux dans ce métier – et leurs remarques faussement cools destinées à assurer les bases de leur fragile pouvoir sexuel. Elle s’affirme comme être humain et comme artiste. Elle pulvérise les héros désignés et leurs injonctions opprimantes. Elle se réalise en saisissant la chair concrète des rêves. Elle nous venge. Mieux, elle nous encourage en prenant symboliquement la place de l’entraîneur. À la fin du spectacle, elle est elle même, et elle est Aimé.

Le Syndrome du banc de touche
De et avec Léa Girardet
Mise en scène : Julie Bertin
Avec la participation de Robin Causse
Création sonore : Lucas Lelièvre
Lumières : Thomas Costerg
Costumes : Floriane Gaudin
Vidéo : Pierre Nouvel
Regard chorégraphique Bastien Lefèvre
Collaboration artistique Gaia Singer

Jusqu’au 30 novembre au théâtre de Belleville
Du mercredi au samedi à 19h15, le dimanche à 17h
Relâches les 26 et 27 septembre

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