Théâtrorama

L’affaire Seznec, l’une des plus grandes énigmes criminelles du XXe siècle, est reconstituée par un non moins célèbre metteur en scène – qui affectionne le genre -, Robert Hossein.

Quimper 1924. Un homme grisonnant, crispé dans son costume marron, écoute, tête baissée, les plaidoiries des avocats et les dépositions d’une kyrielle de témoins. Il s’appelle Guillaume Seznec et il est accusé d’avoir tué son ami et collaborateur Pierre Quéméneur. Les deux hommes se sont associés dans un trafic de vente de voitures, rétrocédées à la France par l’armée américaine, à l’Union soviétique. Durant un voyage entre la Bretagne et Paris, Quéméneur disparaît. Étant la dernière personne à l’avoir vu, Seznec est arrêté, inculpé, puis reconnu coupable de son assassinat. Problème : il n’y a ni arme du crime et ni cadavre. Guillaume Seznec, qui n’a de cesse de clamer son innocence, est néanmoins condamné au bagne, échappant de justesse à la peine de mort, grâce à une grossière erreur des jurés.

Réhabilitation officieuse
Un homme nommé Jésus, L’affaire du courrier de Lyon, Je m’appelais Marie-Antoinette… L’affaire Seznec. Robert Hossein s’est fait une spécialité de raconter le destin tragique de personnages rudoyés par la justice. Et, comme une machinerie bien huilée, il y implique le public. À l’instar de Marie-Antoinette, chaque soir les spectateurs sont transformés en jurés, et doivent voter la culpabilité ou l’innocence de Guillaume Seznec. Robert Hossein clame sa neutralité dans l’affaire, mais tout dans la mise en scène transpire son opinion. Philippe Caroit campe à merveille un Seznec mordant et confus. La vingtaine de comédiens qui l’entoure sont, quant à eux, plus ou moins justes, ou caricaturaux. Chez Hossein, le théâtre doit être théâtral. Un parti pris que l’on aime ou que l’on déteste.

Force est de reconnaître que la pièce pose assez bien les contradictoires de cette histoire embrouillée, et pointe à juste titre les irrégularités commises par la justice de l’époque. Magouilleur Seznec ? Certainement. De là à le condamner sans preuves tangibles… À rebours et ainsi mise en valeur, les discordances du procès orientent assez facilement le choix du public. L’intervention finale de l’avocat Paul Lombard vient tirer les leçons de ce procès et rappelle les fondements de la justice française. Un spectacle ni captivant ni inintéressant. À réserver immanquablement aux inconditionnels de Robert Hossein.

[slider title= »INFORMATIONS & DETAILS »] Seznec, un procès impitoyable (site web)
D’ Olga Vincent, Eric Rognard
Mise en scène de Robert Hossein
Avec Pierre Hossein, Philippe Caroit, Robert Hossein, Olga Korotyayeva, Yannick Debain, Jean-Paul Solal, Gérard Boucaron, Erick Desmaretz, Vincent Labie, Hervé Masquelier, Danik Patisson, Jean Antolinos, Philippe Rigot, Dominique Roncero, Steve Bedrossian, Claude Lancelot, Maurice Patou, Frédéric Anscombe, Paul Lombard, Henri Deus, Pierre Dourlens, Gilles Dumenil Daguerre, Martine Pascal, Patrick Bordes, Joël Ravon, Jenny Bellay.
Décor de Christian Vallat
Lumières de Jacques Rouveyrollis
Costumes de Martine Mulotte
Du 24 janvier au 4 avril 2010
Du mardi au samedi à 20h30. Le samedi à 16h30 et le dimanche à 15h30.
Théâtre de Paris
15 rue Blanche, 75009 Paris
Réservations : 01 53 23 99 19[/slider]

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