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Racine par la racine

Racine par la racine Résumer les onze tragédies de Racine en 1h10… Est-ce prendre Jean Racine par ses racines que de le compresser comme César le ferait d’une Peugeot 205 ?

Dès son entrée, le spectateur est cueilli par cinq comédiens encapuchonnés. Le plateau nu et les voûtes aux pierres apparentes de l’Essaïon font résonner les vers susurrés. Déjà à nos oreilles quelques sons familiers « mais qui ssssont ssssses sssssserpents qui ssssssifflent ssssssur nos têtes »… plongés avant même d’être assis dans une profondeur intrigante qui pourrait bien se révéler trompeuse…

« Jean Racine, qui êtes-vous ? » semble sonder la pièce, construite comme un puzzle pour retracer l’œuvre tout entière d’un type né en 1639. Au centre, les vers de l’auteur avec un grand V. Puis autour, chaque pièce du puzzle propose une critique par ci, une explication par là, un trait d’humour, les acteurs jouent à jouer. Du Racine en répétition, du Jean en interview, ses personnages en joggers forcément bavards….

Racine dépoussiéré

La sobriété de la mise en scène et des costumes permet de passer aisément d’un univers à l’autre. On rit quand Racine est convoqué en personne ou lorsque Iphigénie fait son cinéma muet. On s’émerveille d’un récit de bataille en ombres chinoises, mais les acteurs eux-mêmes n’ont que trop peu la possibilité de jouer réellement du Racine. Et c’est là que le bât blesse. Oui, Racine c’est long. Sans doute trop long pour les zappeurs frénétiques que nous sommes. Mais à trop condenser, à trop expliquer, on en perd quand même la substantifique moelle. Alberto Lombardo tire son épingle du jeu sur les derniers instants de la pièce, en Phèdre éplorée. Enfin un moment où il nous est donné à entendre plus de trois minutes de Racine. La didactique sur la dramaturgie racinienne est assez sommaire pour ne pas dire réductrice. Mais rendons à César ce qui est à César, cette soirée aura eu le mérite de me donner envie de relire Racine…. par lui-même.

Racine par la Racine
Ecrit et mis en scène par Serge Bourhis
Avec en alternance Aude Lanciaux, Héloïse Lacroix, Julie Macqueron, ALberto Lombardo, Serge Bourhis, Vincent Remoissenet et Guillaume Dollinger.

Les mercredis à 19h45 jusqu’au 30 juillet au Théâtre Essaïon

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