Théâtrorama

Pavillon noir, théâtre 2.0

Le collectif OS’O nous embarque pour une traversée dans le deep Web. Et le public se laisse volontiers mener en bateau par cet équipage qui garde le cap de sa fiévreuse inventivité pour s’affranchir un peu plus des contraintes de genre et poursuivre l’exploration scénique.

Les collectifs ont le vent en poupe et OS’O, depuis 2011, excelle dans les expérimentations théâtrales. Un autre collectif (Traverse), composé de sept auteurs, est venu se joindre à l’aventure de Pavillon noir pour une co-mise en scène qui réussit l’exploit de réaliser une pièce sur le numérique sans utiliser l’artifice des nouvelles technologies. L’imagination sur le pont pour aborder les pirates qui surfent sur la vague du net et les activistes qui n’ont pas peur d’affronter les tempêtes…

Une trame en jeu de piste, trois histoires qui se recoupent, des intermèdes comme des pop-up qui s’intercalent sans casser le rythme… Pavillon noir, armé de sa carte au trésor d’hackers du monde entier qui ont défrayé la chronique, se livre à un réquisitoire pour la liberté d’expression et le droit à l’information, sans fake news. La pièce navigue dans une actualité en eaux troubles, du sort réservé aux lanceurs d’alerte et aux limites d’un Internet sans frontières.

Pavillon noir, hackers à l’abordage

Les bons codes

On n’arrête pas le progrès, encore moins quand il est numérique… Réflexion sans pause, engagement dans l’action, Pavillon noir est un téléchargement haut débit d’idées qui fusent et reflètent une société en mouvement qui avance malgré les freins des autorités en obstacle. Le ton est donné dès la première scène. Une comédienne vient délivrer à la salle le sempiternel message d’annonce pour éteindre les portables. Digression et dérapage, l’annonce se prolonge et s’enrichit d’un double en clown qui vient sous-titrer son discours en émoticônes dans un jeu de mime hilarant. Bitcoin, tutos, bibliothèque virtuelle, trolls, phishing, darknet, la génération Y occupe l’espace et les comédiens se digitalisent dans une esthétique de jeux d’arcade.

Intrigue en polar et sketchs décalés, Pavillon noir enthousiasme par son énergie qui maintient un rythme en marche forcée tout au long de la pièce, et par une vision disruptive qui ouvre une nouvelle voie scénique. Seul bémol, quelques longueurs dans l’architecture de cette expérimentation théâtrale, mais qui n’entament en rien l’effervescence de ces électrons libres qui ont hissé haut le niveau de jeu.

Pavillon noir
Un projet du Collectif OS’O écrit par le Collectif Traverse
Auteurs.trices : Adrien Cornaggia, Riad Gahmi, Kevin Keiss, Julie Ménard, Pauline Peyrade, Pauline Ribat & Yann Verburgh
Avec Jérémy Barbier d’Hiver et Logan De Carvalho (en alternance), Moustafa Benaïbout, Roxane Brumachon, Bess Davies, Mathieu Ehrhard, Marion Lambert & Tom Linton
Vigie / Coordination artistique : Cyrielle Bloy & Baptiste Girard
Scénographie : Ingrid Pettigrew
Costumes : Aude Désigaux
Maquillage : Carole Anquetil
Création Lumières : Jérémie Papin
Crédit photos : Frédéric Desmesure

Vu à l’Atrium, à Dax

Prochaines dates de tournée
Du 8 au 19 janvier au Centquatre (Paris)
Plus de dates sur le site du collectif OS’O

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