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Les Paratonnerres mis en scène par Didier Girauldon

Les Paratonnerres dans le cadre de la programmation « Traversées du monde arabe »… Un orage, et pour s’en protéger, des paratonnerres… Une famille ordinaire est mêlée à une guerre. Un homme, une femme et leur fille, qui tentent de vivre malgré tout et d’opposer à un quotidien brutal une existence simple, faite de petits bonheurs, d’attention à l’autre, d’amour partagé.

On sait bien sûr bien sûr de quelle nature sont les coups de tonnerre qui rythment la pièce. Mais chacun de ces grondements menaçants va être interprété autrement par les membres de la petite famille. C’est le rideau du commerce d’à côté qui vient de tomber, ce sont des pétards, c’est l’orage. On ne sait trop s’ils poétisent le réel pour s’en sortir ou s’ils stagnent dans un profond déni. C’est ce qui fait tout le sel de cette pièce : comment vivre, comment écrire, comment être humain au milieu de la monstruosité ? Est-ce nous qui formulons la réponse, ou est-ce la folie et la poésie elles-mêmes qui viennent nous sauver du réel ?

Les Paratonnerres au Tarmac de la Villette

Les Paratonnerres contre la guerre

Chacun tente de se protéger comme il peut. La jeune fille cherche l’amour, le père invente un système de paratonnerre pour protéger la maison de l’orage, il occupe sa petite famille et le temps avec ce projet farfelu, la mère vit dans une forme d’amnésie. Sur les murs, sont projetés les images d’un monde ordinaire, de la ville d’avant la guerre, d’un quotidien sans histoires qu’on assimile au paradis.

L’arrivée d’un étranger dans ce quotidien viendra réveiller les espoirs de la jeune fille – le coup de tonnerre prenant alors la signification d’un coup de foudre -. Elle viendra aussi raviver les souvenirs de la mère et la colère du père. Ce qui est enfoui resurgira, pour le meilleur ou pour le pire, et les rêves de vie meilleure, libérés du déni pourront peut-être prendre pied dans le réel.

 

Les Paratonnerres au Tarmac de la Villette

C’est une proposition intéressante mais qui n’est pas exempte de défauts qui gâchent sa réception.
Dommage, le jeu des comédiens hésite franchement entre plusieurs options, sans parvenir à nous transmettre toute l’émotion de la pièce. Est-ce un récit, une adresse directe aux spectateurs, un dialogue théâtral ? Sommes-nous dans la distanciation ou dans l’incarnation ? Dans la froideur ou l’émotion ? On peut jouer avec cela bien sûr, et glisser de l’un à l’autre, mais les comédiens ne semblent pas à leur aise avec ces propositions multiples. Parfois même la diction laisse à désirer et une grande partie du texte ne nous parvient pas. C’est étonnant de la part de comédiens pourtant chevronnés. Ainsi les interprètes semblent passer à côté de la proposition de mise en scène – à moins que la direction elle-même manque de clarté ? On ne sera pas vraiment touchés par la pièce, trop occupés à reconstituer nous-mêmes des fragments qui auraient dû nous parvenir sans encombre.

Les Paratonnerres
Texte Marc-Antoine Cyr (Quartett Éditions)
Mise en scène Didier Girauldon
Avec Marc Berman, Thierry Blanc, Anne Seiller, Constance Larrieu
Collaboratrice à la mise en scène Constance Larrieu
Musique David Bichindaritz
Avec la complicité de Dima Bawab
Scénographie Camille Vallat
Création vidéo Magali Charrier
Création lumière Françoise Michel
Création costumes Fanny Brouste
Régie son Antoine Reibre
Crédit photo : François Berthon

Vu au Tarmac dans le cadre de la programmation « Traversées du monde arabe »

 

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