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Marie Tudor – Pascal Faber

Marie Tudor mis en scène par Pascal FaberPascal Faber avait signé la première de Marie Tudor en 2011. Six ans après, la distribution a changé et le spectacle a bien évolué pour le plaisir des spectateurs qui sont maintenant plus de 35 000 à avoir assisté au drame de Victor Hugo.

Un drame romantique

L’amant italien de la reine Marie Tudor n’inspire à la noblesse anglaise que de la méfiance. Un étranger qui se mêle des affaires d’Etat et qui prend bien trop de place pour être honnête. Plusieurs lords ont déjà été évincés de l’entourage royal et c’est maintenant toute la cour qui complote contre Fabiano Fabiani. Les affaires de l’amour et de l’Etat sont bien souvent au coeur des intrigues complexes du drame romantique. Victor Hugo s’amuse ici à opposer les couples, Marie Tudor et Fabiano Fabiani d’une part Jane et Gilbert de l’autre. Entre la reine et son amant, l’artisan et sa pupille, les puissants ne sont pas ceux que l’on croit. L’auteur a multiplié dans cette pièce les renversement de situations pour montrer sa virtuosité, un terrain de jeu pour des comédiens avertis.

Pour l’amour de l’Angleterre et de la reine

Le public a toujours un coup d’avance dans cette partie. Quand les personnages tâtonnent, avancent à l’aveugle, le spectateur a toutes les cartes en mains. Le spectacle ne joue pas tellement sur le suspens que sur les effets de dévoilement. On se doute de ce qui va arriver mais on ne sait pas comment cela va se passer. Pour se prendre au jeu, il faut pouvoir adhérer à un univers, croire en des acteurs. La distribution est à cet égard particulièrement juste et Séverine Cojannot mène parfaitement le jeu en reine soumise à ses passions. Figure d’autorité et instable émotionnellement, elle parvient à créer autour d’elle une dynamique paradoxale. C’est l’Etat, c’est la femme ; quelle issue faut-il espérer entre l’amour et la mort ?

Pour l’amour de l’amour

Par ailleurs comédien, et très bon second rôle Pascal Faber sait jouer des contrastes. Le décor est sobre, efficaces, chaque élément est significatif et fonctionnel. C’est véritablement par la lumière que se révèlent les enjeux de la pièce. La salle du trône, la chambre de la reine, dans les rouges illustrent la passion quand les tons froids des scènes de rues attirent notre attention sur les complots qui se trament à l’écart du palais. Cette caractérisation simpliste est avant tout là pour donner des repères, elle ne cherche pas à attirer l’attention. C’est bien le jeu des comédiens, les rapports de force qui importe au metteur en scène. Celui-ci parvient à montrer la tension, à rendre palpable des émotions qui font toute la saveur des confrontations entre la reine et sa rivale.

 

Marie Tudor
Texte de Victor Hugo
Mise en scène : Pascal Faber
Création sonore : Jeanne Signé
Assistance mise en scène : Bénédicte Bailby
Costumes : Madeleine Lhopitallier
Créations lumières : Sébastien Lanoue
Avec Pierre Azema, Frédéric Jeannot, Séverine Cojannot, Pascal Faber, Joëlle Lüthi, Pascal Guignard

Vu au Festival off d’Avignon

Au Théatre Rive Gauche à partir du 9 octobre

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