Théâtrorama

Alors que les droits de l’homme sont bafoués ouvertement par un pays qui prône l’égalité, nous est présentée une pièce sarcastique sur le thème de l’asservissement et de l’enfermement. Alors: Liberté, égalité, fraternité? Quelle peinture nous propose Gabord Rassov de notre société?

Jacques et Odile s’ennuyaient drôlement dans leur pavillon. Suite à une promotion exceptionnelle en magasin ils ont donc décidé de s’acheter des amis. Ils ont donc choisi un couple. Contractuellement ils sont obligés de leur laisser un espace ou chacun peut au minimum à tour de rôle être allongé en chien de fusil. Leurs amis sont donc dans le placard. Jusqu’où pousseront-ils leurs exigences auprès de ces amis qui leur ont couté assez cher?

Divertir pour mieux sévir
Pour ce qui est du genre, on le comprend bien vite: c’est du boulevard. Début de la pièce en adresse directe au public, Jacques et Odile nous racontent leur achat. Puis, scène après scène, les amis, rebaptisés par leur soin Guy et Juliette, vont faire des pieds et des mains pour satisfaire leurs patrons de peur d’être renvoyés au magasin au risque d’être anéantis pour cause de non rentabilité.

Le sujet est fort et le public visé bien assis. Le choix de la salle n’est pas du tout anodin, montrer les abus d’une classe sociale aisée à des gens qui sont prêt à payer une quarantaine d’euros pour voir Bohringer et Benureau sur scène, autant dire que c’est jouissif. Le décor et les costumes sont précisément tel que l’on les attend, ni plus ni moins que proprets et gentils. Le texte est acerbe et va même parfois dans un élan d’impudeur jusqu’à dépasser les limites de la bienséance. Les comédiens sont tous très bons bien que les occasions de briller dans l’interprétation soient limitées. On détend le spectateur en le mettant à l’aise, nous sommes tous pareil, tout va bien.

L’intelligence de la pièce ce sont ces deux monstres on ne peut plus banal. Bien fort celui qui ne projettera ni lui ni une connaissance sur les personnages principaux. Monsieur et Madame tout-le-monde ont fait un investissement financier et comptent bien le rentabiliser. Les amis sont ridiculisés, maltraités et à peine nourris. Ils sont sans cesse menacés et ne savent pas comment réagir face à leurs maîtres qui demandent tout et son contraire. Que répondre par exemple lorsque Jacques demande à Juliette de dire honnêtement ce qu’elle ressent pour Odile? Si Juliette dit la vérité, elle est fichue, si elle en fait trop, l’échéance est la même.

On se croirait devant une pièce de Molière à l’époque « Oh, mais personne ne ferait ça! » réagissent certains. « Mais c’est honteux d’exagération! » répond l’autre et le plus truculent (véridique) c’est la petite dame qui sort en disant « Eh bien, heureusement que nous avons commencé la soirée au champagne et que nous allons y retourner! Mon Dieu, mon Dieu! ». N’attendez cependant pas un traitement de l’actualité directe, ce n’est pas le lieu. En tout cas traiter de la monstruosité quotidienne et de l’asservissement me semble plus que judicieux: vital! Les mots de l’auteur sur la pièce « Oui en chacun de nous sommeille un monstre qui ne demande qu’à se réveiller. Nous le rappeler de temps en temps ne peut pas nous faire de mal ».

[slider title= »INFORMATIONS & DETAILS »] Les amis du placard (site web)
De Gabor Rassov
Mise en scne dePierre Pradinas
Avec Didier Bénureau, Romane Bohringer, Aliénor Marcadé-Séchan et MatthieuRozé
Du 7 Septembre 2010 au 18 Décembre 2010
Du mardi au vendredi à 21h. Le samedi à 16h et à 21h
Théâtre La Pépinière

7, rue Louis Le Grand 75002 Paris
Réservations: 0142614416[/slider]

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