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Eric Métayer donne une leçon d’adaptation en sublimant « les 39 marches », film réalisé par Alfred Hitchcock en 1935. Les quatre acteurs, dont le metteur en scène, campent à eux seuls une foultitude de personnages, pour donner vie à une pièce qui arrive, tout en reprenant l’intégralité des éléments du film, à se démarquer brillamment de son aîné. Un mélange détonant, et étonnant, de suspens, d’action et de burlesque…

Richard Hannay est un Canadien en visite à Londres qui, par des circonstances qui lui échappent, est contraint de venir en aide à une agent de contre-espionnage, qu’il rencontre lors d’un spectacle de music-hall. Après l’avoir ramené chez lui, celle-ci se fait assassinée, dans son salon, par des espions étrangers. Richard est alors accusé par la police britannique d’avoir commis l’assassinat et doit s’enfuir en Ecosse, non seulement pour récupérer des informations vitales pour la sécurité du pays, mais également pour découvrir le secret des « 39 marches », évoqué par l’espionne avant sa mort.

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Cette intrigue, finement ficelée par le maître du suspens et également adaptée du roman éponyme de John Buchan, est basée sur un « MacGuffin », terme utilisé par Alfred Hitchcock lui-même pour désigner un élément matériel, sans importance, qui sert de prétexte à l’intrigue. En l’occurrence, la poursuite du secret des « 39 marches », qui entraîne sur scène les protagonistes dans des situations épiques et rocambolesques, n’apparaît pas pour autant primordiale au dénouement de l’histoire. Ces différents tableaux se succèdent à une cadence folle, et ce n’est pas l’entracte qui vous permettra de respirer, croyez-moi sur parole…

Quand Alfred Hitchcock rencontre Tex Avery
39mPhotoLot1Si Alfred Hitchcock et Tex Avery s’étaient assis autour d’un café et avaient décidé d’écrire une pièce, elle se serait sûrement approchée du spectacle offert au théâtre de La Bruyère. La mise en scène est enlevée et sort des sentiers battus à l’instar du personnage, créé par le réalisateur de dessins animés, qui emporté par la vitesse de sa course, sort de la pellicule. Ainsi, les décors prennent vie et l’on passe derrière le rideau avec une joie non retenue quand l’installation d’un décor est prétexte à une énième loufoquerie.

Les scènes du film sont méticuleusement reprises, et les libertés prises par rapport au scénario original apportent toutes ce petit quelque chose qui transforme une transposition terne en une adaptation réussie. « Les 39 marches » est une pièce magnifiquement interprétée et montée qui ravira bien plus que les seuls amateurs du film, qui disons-le, n’est pas le plus connu du créateur de « Sueurs froides » ou « Psycho ».

En bref, tout y est, et même plus. Les acteurs jouent successivement plusieurs rôles et, prouesse impressionnante, en interprètent mêmes plusieurs simultanément ! Eric Métayer qui peut imiter un nombre incalculable d’accents s’en donne à cœur joie et permet à l’intrigue d’avancer dans une atmosphère comique atypique qui sert de base à ses situations des plus cocasses. Si la critique est facile, l’art de l’adaptation est ô combien périlleux, et « Les 39 marches » s’en sortent avec brio…

[slider title= »INFORMATIONS & DETAILS »] Les 39 marches (site web)
Pièce d’Alfred Hitchcock
Mise en scène d’Eric Métayer
Avec Eric Métayer, Andréa Bescond, Christophe Laubion, Jean-Philippe Bêche

Jusqu’au 31 octobre 2010
Du mardi au samedi à 21h00, samedi à 15h30

La Bruyère
5 rue la bruyère, 75009 Paris
Réservations : 01 48 74 76 99[/slider]

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  1. Vraiment, vraiment poilant. J’ai vu la pièce hier soir et j’étais en train de lire ce qu’on en disait. C’est vraiment bien. Les quatres comédiens sont supers sympas. Ca donne envie … envie d’être à leur place.

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