Théâtrorama

Le mot juste, Ariane Brousse l’a trouvé pour sa première pièce, qui s’accorde en parfaite harmonie avec la mise en scène de Pénélope Lucbert.

Une mère bègue au dernier degré, une fille épileptique, dont le cerveau s’amuse à mixer les mots pour créer un quiproquo verbal déroutant. Un vrai puzzle lexical qui rend la communication plus intuitive, dans un handicap quotidien renforçant la complicité entre ces deux générations de femmes. La fille rêve de changer une situation qui n’a que trop durée. Sa motivation ? L’amour, qu’elle a trouvé dans les bras d’un juriste au chômage, qui, lui, sait faire de grandes et belles phrases. Elle pousse sa mère, par étape, à s’évader de la prison qu’elle s’est forgée elle-même, car derrière le handicap, bien réel, se cache la difficulté de communiquer avec les autres, de prendre sa vie en main pour avancer et de sortir du chemin qui finit dans l’impasse.

Au pied de la lettre
Le duo interprété par Ariane Brousse (la fille) et Julie Ravix (la mère) fonctionne comme une musique douce pleine d’émotions, qui ne se prive pas d’un refrain parfois violent. Loin du huis clos qui aurait pu étouffer le jeu dans un enfermement pesant, entre les crises à répétition de la fille et le désespoir monosyllabique de la mère, la mise en scène participe à créer une dynamique où l’humour prend les traits du présentateur d’un jeu télévisé, au sex-appeal désopilant, interprété par l’excellent Édouard Michelon, qui devient le fantasme de la mère. Le rôle du fiancé, joué par Ivan Herbez, apporte de belles bouffées d’oxygène, qui oscillent entre humour et tendresse. Quant au pétillant médecin (Jean-Claude Jay), que la fille consulte dans son désir d’avoir un bébé en faisant fi de sa maladie, il apporte une fantaisie textuelle et scénique à la pièce. L’envie de ne plus mâcher ses mots en remettant le handicap à sa place. La musique d’Oskar Clark trouve naturellement sa place, quand les mots viennent à manquer, pour accompagner le texte et le souligner en finesse. De jolis moments de grâce pour certaines scènes, une énergie contagieuse qui se dégage tout au long de la pièce pour remettre les mots à l’endroit, dépasser l’envers d’une réalité qui semble figée pour redonner un sens à l’existence.

[note_box]L’envers des maux
Texte : Ariane Brousse
Mise en scène : Pénélope Lucbert
Création musicale et musique live : Oscar Clark
Création son : Clément Roussillat
Création lumière : Dan Imbert
Scénographie : Sarah Bazennerye
Avec Ariane Brousse, Ivan Herbez, Julie Ravix, Jean-Claude Jay, Edouard Michelon, Oskar Clark (piano, guitare, sons)
Durée du spectacle : 1h20[/note_box]

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