Théâtrorama

Au rendez-vous des bons copains

Petites causes, grandes conséquences : c’est l’effet papillon. Une expression liée au chaos. Selon le mathématicien et météorologue Edward Lorenz, inventeur de cette théorie, il suffit de modifier un tout petit paramètre dans un modèle météo pour que celui-ci s’amplifie et provoque d’énormes changements, voire des catastrophes. Et dans le quotidien ? Si nous avions la possibilité de retourner dans le passé et de changer un détail de notre vie, qu’en découlerait-il ?

Une bande d’amis se retrouvent à l’occasion d’un emménagement, celui d’Alice séparée d’Octave. Son frère Fred, ses deux amis de toujours, Swan et Damien, et Octave, lui-même, sont là pour l’aider. Changement de vie, changement de lieu, vide de la pièce, chaque membre du groupe vit le déménagement et la séparation, à sa manière. C’est le moment des bilans et des retours sur soi. Échange de banalités au milieu des souvenirs qui reviennent par vagues. Ces trentenaires évoquent leurs joies, leurs peines, leurs amours. Ce qu’ils sont, ne sont pas ou auraient voulu être… Si elle n’adoucit pas, la musique sert de catalyseur. Les époques défilent au son des Jimmy Hendrix, Billy Joel, Goldman et U2, pendant que dans l’immeuble d’en face, Aurélia, une jeune femme esseulée, attend et observe.

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Bon vent d’enthousiasme
Les trentenaires parlent aux trentenaires (et en poussant un peu plus, aux quarantenaires aussi). Globalement, cela donne une pièce sympathique, drôle, légère, saupoudrée juste ce qu’il faut de mélancolie. Le spectateur averti (donc trentenaire ou quarantenaire) vibre au catalogue des chansons qu’il fredonnerait presque en chœur avec les artistes, s’il avait un peu d’aplomb. À défaut de déballer les cartons (Alice ne veut pas), cette bande de comédiens-copains organise une sorte de soirée pyjama, en jeans, chemises et Converse. Les défauts, les secrets et les regrets sont jetés en vrac dans les conversations. Ces adultes – pas tout à fait des grands encore – se livrent tour à tour en aparté, face au public qui se retrouve dans l’un ou l’autre des personnages.

Si le début du spectacle est un peu déroutant, on se laisse assez vite gagner par la ferveur des sept comédiens, dont certains sont connus pour leur carrière à la télévision (Dominique Guillo et Alexandra London sont partenaires dans « La Crim’ » sur France 2, Toinette Laquière et Stéphan Guérin-Tillié, ont été rendus populaires par la série « Le Maître du Zodiaque », Anne Suarez était récemment l’héroïne dans la nouvelle fiction française de M6 « Cellule identité »). Un peu ténu, un peu cliché, le battement d’ailes de ces papillons ne déclenche pas une tornade d’enthousiasme. Mais le scénario est néanmoins bien troussé et le ton suffisamment aigre-doux pour soulever un bon vent de satisfaction chez le spectateur.

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L’effet papillon
De Stephan Guérin-Tillié et Caroline Duffau
Metteur en scène de Caroline Duffau
Avec Toinette Laquière, Stephan Guérin-Tillié, Alexandra London, Denis Sebbah, Anne Suarez, Fabio Zenoni, Dominique Guillo.
Lumières de Patrick Clitus
Son de Vincent Butori et Jean-François Thomelin
Conception graphique et décors de Fred Remuzat
Du 13 mai au 27 juin
Du mardi au vendredi à 21h, et le samedi à 17h00 et 21h

Théâtre Marigny
Avenue Marigny, 75008 Paris
http://www.theatremarigny.fr/
Réservations : 01 53 96 70 20
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