Théâtrorama

Le talentueux Jean Cocteau

Pour qui aime Jean Cocteau, trouvera sans doute plaisir de le retrouver dans cette pièce plutôt méconnue de la plupart de ses grands chefs d’œuvres, et retrouvera le talent du Maître. Toute l’aptitude de Cocteau résulte dans le regard qu’il portait sur le monde. Nous retrouvons donc dans cette pièce, un texte drôle, léger, simple, traitant de la fidélité et de l’amour.

A la mort d’un prince respecté de tous, sa veuve décide qu’elle ne peut survivre à sa disparition, son rang et ses coutumes religieuses lui imposant de le suivre dans la mort. Sa servante dont la vie est liée à celle de sa maîtresse, est persuadée qu’alors elle devra mourir elle aussi. Mais n’ayant aucune envie d’abréger sa vie, elle va essayer de convaincre sa maîtresse de renoncer à cette terrible idée, en lui faisant miroiter les plaisirs, notamment charnels, de la vie. Un garde, présent sur les lieux où les deux femmes veillent le défunt, servira la cause de la servante qui va l’utiliser pour réveiller les désirs de sa maîtresse.

Crédit photo Béatrice Savouret
Crédit photo Béatrice Savouret

Une pièce qui reste orpheline
Les thèmes sont donc pertinents, et l’on devine alors, qu’il faut continuer de vivre et d’aimer, même après la disparition du bien-aimé. La mise en scène de Dejan Ilic est intéressante dans le mélange des genres, puisqu’il associe vidéo, musique et danse, le tout dans une modernité agitée et déconcertante. Là où le bât blesse, c’est le démarrage. Quel intérêt de projeter le début de la pièce sur une scène de théâtre, avec un écrivain raté, qui attend Fanny Ardant pour la lecture de sa pièce ? Arrive une autre jeune actrice, aussi ratée que lui, et qui rêve bien entendu, du rôle de sa vie. Il la traite avec mépris et violence, et Fanny Ardant n’arrivera jamais. Cette première partie n’apporte rien à la pièce de Cocteau. Elle ne fait qu’alourdir le démarrage de la pièce et l’on s’y ennuie ferme.

La seconde partie arrive, et nous passons alors dans un autre univers, celle de L’école des Veuves. Autre histoire… autre époque. Le travail du metteur en scène prend alors forme, et petit à petit nous découvrons le texte.Alors oui, la projection d’images fait sourire, il s’appuie sur une scénographie baroque, et l’apparition de la « grosse belle-sœur » de la veuve, à la voix étonnante, porte à elle seule une drôlerie sympathique.

Les vidéos sexy, le début d’un striptease, pourquoi pas. C’est le parti pris du metteur en scène. Mais tout ceci laisse un sentiment d’un travail non abouti, malgré la présence d’idées charmantes. Les acteurs déploient une énergie pour faire rebondir le texte, mais l’on n’y croit pas beaucoup. A force de caricaturer les personnages, on en oublie le texte, et c’est fort dommage. Les inconditionnels de Jean Cocteau risquent d’être déçus, sauf avec une bonne dose d’indulgence…

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L’école des veuves
De Jean COCTEAU
Mise en scène et vidéos Dejan ILIC
Adaptation de Jean-Yves DRETZOLIS
Avec Marie DELAROCHE, Anne CADILHAC, Richar MEDKOUR
Jusqu’au 25 juillet
lundi et mardi à 20h jusqu’au 30 juin. A partir du mercredi 1er juillet : du mercredi au samedi à 20h.

Théâtre de L’Essaïon
6 rue Pierre au lard – 75004 PARIS
http://www.essaion-theatre.com/
Réservations : 01 42 78 46 42
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