Théâtrorama

Avec trois fois rien on peut faire quatre fois plus… Pas besoin d’une grosse production pour monter le pavé poussiéreux de Jules Verne (même si la compagnie aurait apprécié une rallonge) et le polir à l’humour décapant de cinq comédiens bluffants qui interprètent plus de 40 rôles dans un théâtre de poche. Un voyage qui donne le tournis et le fou rire…

Crédit photo Valérie Lebeau
Crédit photo Valérie Lebeau

L’histoire de Phileas Fogg, tout le monde la connaît. Un gentleman imbu de lui-même qui ne sait rien foutre de ses dix doigts que jouer aux cartes et boire le thé dans un club londonien très sélect, monte sur ses grands chevaux et joue les ânes en pariant qu’il est capable de faire le tour du monde en 80 jours. Et pour se montrer à la hauteur de ses prétentions de globe-trotter, il saute dans le premier train venu, suivi à la trace par son fidèle serviteur Passe-partout. S’en suit une cascade d’aventures. 80 jours, 80 minutes sans répit pour les comédiens. Pas le temps de souffler ni de profiter du paysage. Les férus de Jules Verne retrouveront l’intrigue en filigrane pour profiter des grandes lignes de burlesque que nous offre l’adaptation de Sébastien Azzopardi.

Crédit photo Valérie Lebeau
Crédit photo Valérie Lebeau

Space mountain
La pièce se joue déjà depuis deux ans et loin de s’essouffler, continue à être une bouffée d’oxygène pour le public qui se presse au Café de la Gare en affrontant courageusement la perspective d’exposer son postérieur dédaigneux au supplice des sièges peu accommodants de la salle. Mais quand le spectacle est bon, le coccyx se tait. Les cinq comédiens nous embarquent sans difficulté dans leur trip. Le vrai pari c’est eux qui l’ont fait en misant sur leur fantaisie et une énergie sarkozienne (à les voir courir partout, on se demande jusqu’où ils vont nous emmener). Voyage immobile dans l’espace restreint imparti mais évasion garantie. Sur scène un théâtre miniature comme une machine à remonter le temps et à voyager d’un continent à un autre avec un décor de bric et de broc. Les rebondissements, les intrigues de l’inspecteur Fix, le sauvetage de la princesse Aouda des mains d’une horde d’indiens prêts à lui mettre le feu (enfin la sacrifier sur le bûcher)… Tout y est à condition de laisser la porte ouverte à son imagination et de rester suspendu à la prestidigitation des cinq comédiens transformistes. Une modernité qui mélange les anachronismes, les non-sens et la loufoquerie à la louche. Un rythme de montagne russe, des ruses de metteur en scène qui tire les ficelles du théâtre en prenant le public comme complice, Sébastien Azzopardi nous fait oublier Jules Verne pour réinventer le roman et faire de la comédie déjantée sa spécialité.

[slider title= »INFORMATIONS & DETAILS »] Le tour du monde en 80 jours (site web)
De Jules Verne
Mise en scène de Sébastien Azzopardi
Avec en alternance : Sébastien Azzopardi, Romain Canard, Alexandre Guilbaud, Anaïs Harté, Réjane Lefoul, Yan Mercoeur, Stéphane Roux, Rodolphe Sand, Nicolas Tarrin
Jusqu’au 5 septembre
Du mercredi au samedi à 20h30

Au Café de la Gare
41, rue du Temple, 75004, Paris
Réservations : 01 42 78 52 51
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