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Le Sourire d’Audrey Hepburn mis en lumière par Isabelle Carré

Le Sourire d'Audrey Hepburn au Théâtre  de l'OeuvreLe Sourire d’Audrey Hepburn, une femme qui se raconte… D’Audrey Hepburn, on retient son visage aux lignes parfaites, sa silhouette délicate, sa beauté sans encombre. Pourtant, ses engagements ont été réels, on dit qu’elle transportait des lettres de résistants dans ses chaussons de danse pendant la guerre.

Mais qu’est-ce qui peut se cacher derrière le sourire tranquille d’Audrey Hepburn ? Pour nous aider à le découvrir, Clémence Boulouque a adapté pour le théâtre son roman « L’instant de grâce » qui fait état du secret de famille de la comédienne, à l’origine peut-être de la mélancolie que l’on pouvait lire dans ses yeux. Seule en scène, avec son sourire lumineux qui chavire par instants, Isabelle Carré incarne l’icône d’Hollywood des années 60-70. Sa grâce rayonnante et la finesse de son interprétation, apportent beaucoup au personnage, mais elle y semble un peu à l’étroit. Dans sa mise en scène, Jérôme Kircher s’attache davantage à rendre l’image distante et bienveillante à la fois de l’actrice Audrey Hepburn qu’à redessiner le personnage adapté pour le théâtre. Sans doute aurait-il gagné à s’éloigner par moments du modèle pour permettre à l’émotion de s’installer.

Dublin 64. Mel Ferrer, le mari d’Audrey Hepburn, organise une rencontre entre la jeune femme et celui qu’elle n’a pas vu depuis près de trente ans, Joseph, le père qui avait abandonné la famille pour s’engager dans les forces fascistes et dont la trace s’est perdue dans le fracas de la Seconde Guerre Mondiale.

La comédienne est à l’apogée de sa carrière et son élégance naturelle, sa bonne éducation camouflent avec grand soin la cassure de son enfance. La rencontre avec ce père occulté pendant toutes ces années révèle les fêlures, la frustration d’une carrière contrariée de danseuse, les doutes qui n’ont pas manqué de surgir, la honte aussi. Par opposition, se trouve aussi soulignée sa volonté qui ne faiblit pas dans l’adversité, le désir de se construire en dépit des fantômes du passé qui rôdent.

Le Sourire d’Audrey Hepburn – Se construire à tout prix

Le Sourire d'Audrey Hepburn au Théâtre  de l'OeuvreLe récit donne à entendre les grondements de la colère sous-jacente de la petite fille blessée, sa fragilité, alors que la femme contrôle ses émotions, s’empêche de les laisser monter.

Au fil de cette voix intérieure qui remonte le fil du temps, apparaît une jeune femme volontaire, chez qui affleure une sorte d’intranquillité qui répare et une acceptation sans jugement de la douleur laissée par la béance de l’absence paternelle.

Pour avoir été obligée de vivre définitivement  » le bonheur avec une part absente », Le Sourire d’Audrey Hepburn est sans doute ce qui reste dans notre mémoire de spectateur. Énigmatique car il ne laisse rien transparaître, un peu comme le sourire du chat dans « Alice au pays des merveilles  » qui flotte suspendu dans l’espace au-dessus du monde.

Le Sourire d’Audrey Hepburn
De Clémence Boulouque
D’après son roman « L’instant de grâce »
Mise en scène : Jérôme Kircher
Lumière : Franck Thévenon
Avec : Isabelle Carré
Durée : 1 h 10

Crédit photo: Pascal Victor/ArtComArt

Du mercredi au samedi à 19 h- Dimanche à 18 h

Jusqu’au 8 Janvier 2017 au Théâtre de l’Oeuvre

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