Théâtrorama

La rupture a la cote…

Toutes les histoires ont une fin… C’est ce qui fait leur charme. Le tout est de savoir rompre avec élégance. La dernière entrevue de deux amants est souvent l’occasion de faire le bilan du couple. Peut-on résilier son CDD amoureux sans plonger dans une crise d’affection profonde ?

Un charmant jeune couple se bécote tendrement sur un coin de canapé du Tallia en attendant de s’installer pour le début de la représentation. Le spectacle se déroule en coulisse. La jeune femme, de grands yeux enamourés, chipe le programme de la soirée surprise que lui a mijotée son Roméo pour découvrir la pièce qu’elle va aller voir. Et là, stupeur, panique, drame: « Le plaisir de rompre ? Tu as quelque chose à me dire, c’est ça ! Si tu veux qu’on arrête, tu n’es pas obligé de m’emmener au théâtre ! ». Heureusement que ce brave garçon n’a pas eu l’idée de l’emmener voir « Mais n’te promène donc pas toute nue » où la belle serait partie se rhabiller illico. Tensions palpables, donc, avant que le spectacle ne commence. La philistine est rassurée dès les premières phrases. Les amants s’aiment encore passionnément et rompent par devoir en un temps où un mariage arrangé vaut mieux qu’une liaison réussie. Maurice (un nom qui appelle l’amour) rend visite à Blanche pour la dernière fois. Chacun se marie de son côté et l’honnêteté les pousse à interrompre une liaison pourtant délicieuse. La raison est résolue mais le coeur reprend ses droits au fil des mots doux et des tendres souvenirs. Difficile de rompre le lien quand il est solide. Un peu plus et Maurice dirait à sa maîtresse « si tu reviens, j’annule tout ». Mais la rupture est programmée comme une évidence.

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C’est un peu court jeune homme…
55 min pour rompre c’est un peu un 24h chrono sans avoir le temps de souffler. Le temps de rentrer dans l’histoire, la rupture est déjà finie. Le texte de Jules Renard fait appel aux références un peu datées du 19eme siècle. L’auteur décortique avec sarcasme les codes du couple jusqu’à la caricature. Les bons mots viennent piquer le spectateur de temps à autre, avec jubilation parfois. Un texte réhaussé par une mise en scène sobre, voire un peu statique. Normal, les ébats sont passés. Reste les débats. Les comédiens se sont pris d’affection pour ces vieux amants qui aimeraient bien remettre le couvert d’un plat pourtant réchauffé… Mais comme il ne faut jamais laisser à demain la rupture que l’on peut faire le jour même… Conscient d’un texte qu’on aurait aimé à rallonge, le metteur en scène, Bertrand Destrignéville, a décidé de greffer une première partie, extraite d’un roman de Jules Renard, « La Maîtresse ». Nous ne verrons bientôt plus seulement Maurice et Blanche déchirer la page de leur amour. Nous pourrons enfin savourer leur rencontre remplie de badinage amoureux et de chamailleries d’amants. La rupture, version longue, se prolongera au Tallia en avril. « Le plaisir de rompre » deviendra « Les plaisirs de l’Amour » (tout est bien qui finit bien).

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Le plaisir de rompre
De Jules Renard
Mise en scène de Bertrand Destrignéville
Avec Carlos de la Fuente, Jennifer Moret
A voir jusqu’au 29 mars 2009
Les jeudis et vendredis : 20h00. Les dimanches : 16h30

Au Tallia
40, rue de la Colonie, 75013, Paris
http://www.tallia.fr
Réservations : 01 45 80 60 90
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