Théâtrorama

L’étrange et véridique histoire d’amour entre le philosophe Martin Heidegger, qui soutiendra l’idéologie nazie, et son élève, Hannah Arendt, une jeune juive, future théoricienne du totalitarisme et de l’antisémitisme.

Impossible passion
Le-Demon-De-Hannah_theatre_fiche_spectacle_uneHannah s’apprête à quitter New York pour un voyage en Allemagne. Un déplacement qu’elle redoute autant qu’elle semble le désirer. En s’exilant, la jeune Juive allemande a fui les persécutions nazis, mais également un homme, son professeur de philosophie, Martin Heidegger. Vingt-cinq ans après leur séparation, Hannah revient à Fribourg, là où tout a commencé pour les amants. Après la guerre, le recteur d’université a été interdit d’enseignement et vit retiré dans sa maison, aux côtés de sa femme. Hannah lui fait savoir par un billet qu’elle est de passage dans la ville. Martin Heidegger rend aussitôt visite à son ancienne élève dans sa chambre d’hôtel. Il s’embrase à nouveau pour la séduisante « jeune fille en robe verte » d’autrefois. Elle reste fascinée par le professeur charismatique qui a presque le double de son âge. Mais le jugement d’Hannah sur son maître à penser a changé : l’élève est devenue l’égale du professeur. Heidegger a beau nier et se défendre d’avoir adhéré au National socialisme et aux lois anti-juives, comment restaurer une confiance et une passion trahie par les mensonges ?

Des sentiments à géométrie variable
Cette relation historico-amoureuse, pour le moins surprenante, est passionnante d’un bout à l’autre de la pièce. Au-delà de l’histoire d’amour, le spectateur découvre ce qui fait la complexité de deux êtres conservant une amitié et une estime réciproque malgré le précipice qui les sépare. Didier Flamand campe un Martin Heidegger presque touchant dans ses sentiments personnels et idéologiques à géométrie variable. Elsa Zylberstein endosse brillamment le rôle difficile d’une Hannah Arendt qui se veut à la fois fragile et vindicative. Avec une note spéciale pour Josiane Stoléru, qui joue avec beaucoup de justesse une Madame Heidegger, cherchant à sauver son mariage en criant haut et fort les lâchetés de son mari. On ressort avec l’irrésistible envie d’en savoir davantage sur cette liaison improbable, où l’amour et la philosophie se sont entremêlés.

[slider title= »INFORMATIONS & DETAILS »] Le démon de Hannah (site web)
D’Antoine Rault
Mise en scène de Michel Fagadau, assisté de Nathalie Hanco
Avec Elsa Zylberstein, Josiane Stoléru, Didier Flamand, Jean-Marie Galey
Scénographie de Thierry Flamand
Costumes de Mimi Lempicka
Musique de Michel Winogradoff
Lumières de Laurent Béal
Du 25 septembre 2009 au 3 janvier 2010
Du mardi au samedi à 21h. Le samedi à 16h et le dimanche à 16h30.
Comédie des Champs-Élysées
15 avenue Montaigne, 75008 Paris
Réservation : 01 53 23 99 19[/slider]

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