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Le Bouton de rose, parlons-en

Le Bouton de rose de Sophie AccaouiLe Bouton de rose – Pour tous ces gens qui en sont encore à chercher leurs genoux, il était temps… Temps qu’une telle ignorance soit enfin comblée par des références précises et savantes sur ce que les pudiques ou les poètes nomment le bouton de rose.

Sanglée dans un tailleur rose et un chemisier boutonné jusqu’au cou, la conférencière Sophie Accaoui – comédienne et chanteuse de formation classique – vient combler le vide sidéral de nos incompétences en nous exposant, dans le cycle des conférences « Parlons-en », ses recherches les plus pointues et ses travaux approfondis sur cette partie de l’anatomie – que l’on le désigne souvent sous le diminutif gadget de « clito… » – et qui concerne la moitié du genre humain.

Promenades entre métaphores agricoles et potagères

Le Bouton de rose de Sophie AccaouiPlutôt coincée, mais décidément très déterminée à payer de sa personne, voilà notre conférencière lancée avec Le bouton de rose, presque à son corps défendant, dans cet exercice épineux. Tournant autour du pot, ou plutôt du bouton, comme elle n’arrive pas à tout dire, elle chante. Alternant communiqués scientifiques et statistiques précises, en vers, en prose et en musique, de Voltaire à Saint Saëns en passant par Bobby Lapointe et Georges Brassens, elle sait varier les plaisirs pour nous parler de « ce cher inconnu », que sa pudeur lui interdit de désigner autrement que par un borborygme qui se termine par …IS.

Laurent Lévy fait de cette conférence hors normes sur le bouton de rose, une mise en scène très sobre qui ne tombe jamais dans la démonstration ou la vulgarité. Sophie Accaoui, entre murmure et chant a capella, ouvre peu à peu les portes pour secouer les tabous. Avec légèreté, et après avoir filé la métaphore agricole ou nous avoir conduits dans les allées du potager, elle distille des informations sur cet objet caché de la jouissance des femmes.

Justement, parlons-en…

On parle du clitoris pour la première fois en 1972. Brassens s’empare aussi de la question cette même année et établit les premières statistiques sur le sujet en affirmant que  » 95 fois sur 100, la femme s’emmerde en baisant  » précise notre conférencière. La première planche anatomique exacte du clitoris date de 1997. Il est interne et mesure 12 centimètres…Tous ces renseignements étant exacts.

Sans avoir l’air d’y toucher, après en avoir expliqué la « terminologie chromatique, aromatique et dermatologique  » de l’objet, elle insiste sur sa « terminologie idéologique » qui conduit au machisme et plus loin, à l’excision qui éradique le plaisir des femmes. La comédienne s’amuse, décrit avec humour les renoncements, les travers et les oppressions. Chez la conférencière, l’objet de la conférence finit par se confondre avec l’émotion éveillée, ce qui la conduit à se laisser emporter par son sujet.

D’une digression à l’autre, cette longue mise à nu sur le bouton de rose, au propre comme au figuré bouleverse, émeut, fait rire et trouble. Le fait de dire ouvre les portes et de plus, Sophie Accaoui sait créer de la complicité avec les femmes du public. Devenant leur porte-parole, elle fait les hommes présents ce soir-là, des spectateurs privilégiés, qu’elle initie à un des mystères du plaisir au féminin.

Le Bouton de rose
De Sophie Accaoui
Mise en scène : Laurent Lévy
Création lumières : Élias Attig
Interprétation et Chant : Sophie Accaoui
Durée : 1h 10

Reprise du spectacle les vendredis à 19 h

Jusqu’au 9 Décembre à la Comédie Nation

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