Théâtrorama

Dans une ville ouvrière du Nord de la France, une bande de copains, six chômeurs en fin de droits, se lance un défi : faire un strip-tease comme les chippendales, pour gagner « de la thune », épater les filles et se prouver qu’ils sont encore capables d’exister au-delà de leur détresse sociale, familiale et morale. Au milieu de ce projet fou, une femme (elles sont toujours au cœur des hommes et du monde) Glenda, ex danseuse, les soutiendra et les amènera au show final : la réussite.
C’est une fable sociale que nous découvrons, ou le désespoir et l’espoir font face, ou la visibilité des corps à nus s’étale sans vulgarité, et où la lutte pour s’en sortir est plus forte que tout. Un petit bijou de l’expérience humaine.

Une pièce de théâtre avant d’être un film. Ladies Night avant l’adaptation cinématographique de Peter Cattaneo The Full Monty (1997), fut une pièce à succès signée par deux Néo-zélandais, Anthony Mac Carten et Stephen Sinclair. Traduite dans une douzaine de langues, elle fait depuis le tour du monde au théâtre. Lors de sa création en France dans la traduction de Jacques Collard et l’adaptation d’Hélène Helle, Ladies Night obtint le Molière 2001 de la meilleure comédie.
Depuis, les tournées théâtrales s’enchaînent avec le même succès. Un voyage empreint d’humour et de dérision, de dialogues toniques et percutants. On rit du début à la fin, on applaudit à s’en faire mal aux mains, on se sent bien, sans doute parce qu’on s’identifie d’une façon ou d’une autre à ces personnages touchants, et à cet univers réaliste d’une société en crise.

crédit photo G.Citroën

Une leçon de vie
Les acteurs qui s’exposent ici avec pudeur et moquerie, sont tous à leur place. Tout va vite et on ne s’ennuie pas. Ils s’amusent et cela se voit, même si on imagine que les répétitions n’ont pas dû être simples. Ces hommes différents, des biens foutus et des « gaulés comme des buvards » sont capables de passer de l’émotion à la nudité la plus totale. Jolie prestation. La mise en scène de Guylaine Laliberté sait les rendre beaux. Elle met en avant l’aspect ringard des personnages et leur machisme habituel, et leur dégage un air naturel et une sincérité déconcertante.

Au-delà du strip-tease qui fait sourire, c’est surtout un regard cruel sur une société en souffrance. Les auteurs ont traité avec finesse les rapports entre les hommes et les femmes, et se sont appliqués à y mettre tout l’humour et la tendresse nécessaires pour passer un bon moment. Une leçon de vie à ne pas manquer. On se sent bien après ce spectacle, et c’est un pari réussi pour une belle troupe de théâtre qui mérite leur succès.

[slider title= »INFORMATIONS & DETAILS »] Ladies night (site web)
Co-écrite par Antony McCARTEN, Stephen Sinclair
Mise en scène Guylaine Laliberté
Avec Marc DIABIRA en alternance avec Alain AZEROT, Pascal Aubert, Laurent MENTEC, Michel LALIBERTE , Sacha PETRONIJEVIC en alternance avec Pascal GUIGNARD, Franck PARTAUD, Michel VOLETTI et Marielle Lieber-Claire
Jusqu’au 27 février 2010
Les vendredis et samedis à 20h30

Théâtre Essaïon
6 rue Pierre au Lard 75004 PARIS
Réservation : 01 42 78 46 42
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