Théâtrorama

Sotha c’est un peu l’âme du café de la Gare. La douairière qui nourrit l’inspiration du lieu et réjouit depuis des décennies des décades de spectateurs. La Mort, le Moi, le Nœud est une de ses pièces écrite en 1985. Tout est dans le titre. Il n’y a plus qu’à suivre le lasso pour se laisser attacher à l’histoire…

Le nœud, d’abord, dans cette ruée vers l’Ouest anachronique où une centrale nucléaire est implantée dans un petit village loin d’être un long fleuve tranquille. Deux familles se chamaillent et se charrient depuis des siècles. L’origine de la discorde ? On ne s’en souvient plus très bien mais on continue à perpétuer la tradition de la mésentente cordiale. D’un côté les Rukstule, deux filles au caractère bien trempé et une mère, pilier du clan. De l’autre les Keller. Le patriarche est juge de paix toujours en guerre contre la vieille Rukstule (qui aime bien châtie bien) et ses deux fils. Paradis est l’étalon du coin qui affole le cœur des pouliches à marier. L’autre est une espèce d’Obélix qui est tombé dans la potion radioactive quand il était petit, ce qui en fait un idiot surdoué parfait. Le train-train de ses deux familles va être perturbé par l’arrivée de trois cow-boys has been, employés de la GCN, dont la mission est de convaincre, par tous les moyens les plus illégaux, la vieille Rukstule de faire passer une ligne de chemin de fer sur ses terres. Rodéo verbal et duel de fous rires dans ce spaghetti western à la mort moi le nœud.

MORT

Haut les mains !
Le décor est planté. A peine débarqués du 21eme siècle, vous vous retrouvez plongés dans une ruée vers l’Ouest colorée avec l’envie de garer votre canasson au ranch. La mise en scène millimétrée permet de démêler le nœud de l’histoire où vous avez tendance à ne pas adhérer de prime abord. Il faut du temps pour rentrer dans la pièce et pour s’attacher aux personnages. Une fois que vous avez rattrapé le wagon, vous vous laissez bercer au son de la musique des veillées épiques ou des sempiternelles bagarres entre famille. Les trois cow-boys apportent une bouffée d’oxygène dans ce huis clos de l’Ouest. Les répliques fusent comme des coups de révolver. Les époques se mélangent aux blagues potaches pour une bande de comédiens qui prennent du plaisir sur scène et nous en renvoie des bouts. Le scénario par l’absurde et le méli-mélo de dialogues qui parfois se confondent jusqu’à la cacophonie pourront en dérouter plus d’un. Sotha c’est un style. La pièce part dans tous les sens (et c’est souvent ce qui est bon). A chacun de faire sa lecture d’une pièce qui ne reste pas sur les rails de la routine théâtrale.

[slider title= »INFORMATIONS & DETAILS »] La Mort, le Moi, le Nœud (site web)
Écrit et mis en scène par Sotha
Avec Philippe Manesse, Manon Rony, Véronique Barrault, Odile Huleux, Frédéric Bonpart, Jérémy Manesse, Laetitia Vercken, Philippe Elno, Pierre-Jean Cherer, Timothée Manesse, Eric Le Roch
Jusqu’au 18 octobre 2009
Du jeudi au samedi à 22h, dimanche à 17h

Café de la gare
41, rue du Temple, 75004 Paris
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  1. Melting Pot familial à la maison, ça sent le fumet du râgout 4 étoiles Gault Millaut. Il y a des palais connaisseurs qui reconnaitront une filiation plébiscité par un milieu lénifiant un texte à peine dépoussiéré et lourd. Et puis les autres palais qui auront du mal à rester. Pour public averti.

    youpi / Répondre

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