Théâtrorama

Tout est dans le « à peu près » pour une comédie complètement déjantée. La mégère est vénère et ne manque pas d’air pour faire taire ses partenaires. Pourtant tout se résout en chansons dans cette comédie musicale drolatique.

LA MEGERE 3

Ceux qui croient venir assister à un classique vont vite se faire décoiffer aux premières notes de représentation. L’histoire, Alexis Michalik, le metteur en scène, la respecte dans les grandes lignes pour prendre à la première occasion des chemins fantaisistes détournés. Katie la furie n’est pas prête de trouver un mari avec son caractère de harpie. Du coup, sa jeune sœur, Blanca, barbie brune et voix de cristal à la Blanche Neige, est bloquée dans son désir de fonder le foyer idéal, son père ayant décidé de caser son boulet de fille avant de marier sa petite fille modèle. L’homme de la situation, le dompteur de donzelle et macho man de service, c’est Petruccio qui arrive avec ses petrucciettes. Katie a trouvé à qui parler. Un « je t’aime moi non plus » musclé et rock&roll pendant que Blanca écrit son conte de fée féminin avec le beau Lucentio. Sauf que la Katie, elle a une dent contre la gent masculine et elle n’est prête de baisser les armes (c’est ça l’amour).

Music Hall shakespearien
La compagnie Los Figaros signe ici sa deuxième comédie et fait durer le plaisir de cette mégère revisitée depuis trois ans. Une libre adaptation façon Music Hall pour des comédiens qui ne se prennent pas au sérieux dans un classique dépoussiéré. Un mélange de burlesque, d’anachronismes hilarants, de mélodies qui font mouche pour attraper le public au vol, une énergie sans dopage qu’on envie secrètement… Les imprécisions géographiques et les entorses à l’histoire passent à la trappe face à ce bouillonnement créatif. Cette mégère est un melting pot d’ingéniosité scénique qui enchaîne les gags et les chansons pendant 1h45 non stop. Un melting pot qui termine un peu dans un bouquet final de cacophonie, mais peu importe l’imperfection des voix quand on rentre dans l’ivresse du spectacle. Sept comédiens pour onze personnages. La mégère, Fanny Aubin, apporte un côté jazzy et un mood pétillant qui en font une Katarina qui sonne juste. Pendant que Leilani Lemmet (Blanca) avec sa voix de soprano, est parfaite dans son rôle de quiche un peu kitch en binôme avec son Roméo alias Dan Menasche. Alexis Michalik, qui débarque un brin plus tard dans ses santiags de Petruccio, fait s’emballer la pièce dans un rythme frénétique de fantaisie. Coup de cœur pour Olivier Dote Doevi, Régis Vallée et Louis Caratini qui se partagent des rôles tournants à la vitesse d’un air entraînant. Une mégère moderne (et non, messieurs, pas question qu’elle se laisse complètement apprivoisée cette fois-ci) et colorée (vive les paillettes de Padoue !) qui donneront aux plus jeunes l’envie de mettre leur nez dans un Shakespeare enjolivé.

[slider title= »INFORMATIONS & DETAILS »] La mégère à peu près apprivoisée (site web)
Mis en scène d’Alexis Michalik
Avec Alexis Michalik , Raphaël Callandreau , Régis Vallée , Leilani Lemmet , Fanny Aubin , Olivier Dote Doevi , Dan Menasche, Louis Caratini
Jusqu’au 1 mai 2010
Du mercredi au samedi à 21h, dimanche 19h, samedi à 17h

Splendid Saint Martin
48, rue du Faubourg Saint Martin,75010  Paris
Réservations : 01 42 08 13 45
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  1. C’est tout à fait ça ! Un bon spectacle déjanté qui fait travailler les zygomatiques 🙂

    emilie / Répondre

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