Théâtrorama

Magie, féérie, festival de couleurs, de talents, de chants, d’humour sont au programme de cette adaptation du plus populaire opéra de Mozart. Pour son premier passage dans le lyrique, Antoine Herbez frappe fort. Son travail est remarquable.

Ce sont les réactions des enfants à la sortie du théâtre qui pourraient constituer la meilleure des critiques. Le regard plein de la magie des couleurs, des images et leurs jeunes oreilles résonnant encore de la musique de l’enfant prodige autrichien, ils semblent heureux d’avoir emmené leur parents ou grands-parents à l’opéra. « Je n’étais pas retournée à l’opéra depuis sa naissance », nous dit une maman en nous montrant l’aîné de ses deux fils. « Ils ont adoré. C’est magnifique d’avoir réussi à mettre à leur portée un opéra, en conservant le livret original, avec tous ses grands airs. Ils chantent très bien en plus ».

Oui chère madame, c’est magnifique. Après un décoiffant « Barouf à Chioggia » de Goldoni et un plus intimiste « Quand le monde était vert » de Sam Shepard, Antoine Herbez fait sa rentrée théâtrale en se payant un opéra. Pari gagné. Car même si « La Flute enchantée » est l’œuvre idéale pour s’initier à l’opéra, moins évident est de réunir un public de 7 à 77 ans autour d’un genre destiné d’ordinaire aux aînés. Son travail est prodigieux. Il a dirigé 16 personnes sur scène. On y joue du violoncelle, du hautbois, de la clarinette. Et de la flute, ça va de soi. On y chante, forcément. En allemand, comme de bien entendu. On y danse, on y cabriole. Toute une scénographie qui va capter l’attention des petits par sa précision et sa grandeur, les emmener loin, dans un pays de reines bafouées, où de jeunes amours peinent à se faire acceptées par les aînés et où le petit peuple vient au secours des têtes couronnées.

La gamme chromatique dans tous ses éclats
N’oublions pas cependant que nous sommes au théâtre. Un ingénieux décor modulable habille la grande scène du théâtre de la porte Saint-Martin. Les costumes somptueux regorgent de couleurs, avec lesquels des éclairages particulièrement réussis jouent en permanence. La gamme chromatique est dans tous ses états, tous ses éclats. C’est une féérie totale qu’agrémentent des tours de magie, du chapeau qui fume aux mains qui s’enflamment, des chorégraphies et les inévitables facéties du chouchou de tous les spectateurs : l’inénarrable Papagano, oiseleur de la reine. Cette reine de la nuit qui ne nous fait pas ses grands airs, mais son grand air, l’un des plus célèbres de l’histoire de l’art lyrique. Les chanteurs récoltent des applaudissements fournis à la fin de chacune de leur prestation. Ils sont amplement mérités. Cette flute n’est pas seulement enchantée. Elle est enchanteresse.

[note_box]La Flûte enchantée
D’après l’opéra de Mozart
Mise en scène Antoine Herbez
Adaptation Christian Grau-Stef
Direction musicale Didier Benetti
Avec Sophie Albert, Nicolas Audouze Sarastro, Adrien Besse, Ariane Brousse, Vincent Cervera, Fanny Crouet, Ronan Debois, Clémentine Decouture, Quentin D’Haussy, Ivan Herbez, Bohdana Horecka, Emilien Marion, Marie Recours-Bellessort, Marie Salvat, Walter Stawinoga, Eric Vignat Monostatos
Scénographie : Samuel Capdeville
Costumes : Madeleine Lhopitallier
Magie : Nicolas Audouze
Lumières : Fouad Souaker
Chef de chant : Ernestine Bluteau
Chorégraphie Claire Faurot
Habilleuse : Florie Weber
Collaborateur artistique : Olivier Charcosset
Photo : Philippe Rocher[/note_box]

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