Théâtrorama

Cinq nouvelles peu connues de Tchekhov s’invitent dans la petite salle sous voutes médiévales du théâtre des Déchargeurs. Un joli moment d’intimité avec le dramaturge le plus joué au monde où l’humour côtoie la dérision et l’absurde dans un concentré de condition humaine. A conseiller vivement pour tous les âges.

Dites Tchekhov, on vous répondra illico « La Mouette », « La Cerisaie », « Ivanov ». Peut-être aussi « La Dame au petit chien », cette nouvelle narrant un amour aussi fou qu’éphémère, une des rares à avoir survécu à son auteur. C’est oublier bien vite que l’auteur d’ « Oncle Vania » fut aussi (et surtout, serait-on tenté de dire si l’on se fie à la quantité plus qu’à l’amnésie collective) un immense auteur de nouvelles. Des dizaines d’historiettes, certaines tenant sur trois pages maximum, et qui constituent un indispensable complément de lecture pour mieux appréhender cet auteur qui érigea la nostalgie en art.

Laure Trainini se propose de faire découvrir cinq parmi les dizaines de nouvelles de Tchekhov. Pour ce faire, entre lecture et théâtre, elle plante un décor d’une totale sobriété (une table, deux chaises, un piano) dans cette petite salle du Théâtre des Déchargeurs, sous voutes médiévales. Lieu on ne peut plus idoine pour ce moment d’intimité avec le dramaturge le plus joué au monde.

Il s’agit donc d’une lecture, genre qui fait florès ces derniers temps mais de manière un peu trop mercantile parfois lorsque présenté par des têtes d’affiche. La metteur en scène, qui intervient également comme comédienne s’entoure d’un partenaire et d’un pianiste, ce dernier assurant les transitions musicales de chaque nouvelle.
« Elégance » serait le maître mot de ce moment d’intimité. Elle se décline autant dans la sobriété des costumes que dans la prestation des artistes. Qu’il y soit question de nostalgie (« Ivan Matveïtch »), d’absurde (« La mort de Tcherviakov »), de mensonge (« Aliocha ») ou d’une drôle de déclaration d’amour (« Kolia »), cette élégance ne quitte jamais le plateau comme elle habille tous les textes de Tchekhov, qu’ils soient drôles ou plus graves. Tous trois prennent un réel plaisir à nous emmener dans ces contrées de la Russie du XIXème siècle. Les musiques originales, qui font parfois songer à Joseph Kosma, réussissent à parfaire le raffinement de ce joli tableau. Ca ne dure qu’une heure, format idéal pour faire découvrir aux plus jeunes cet auteur majeur et universel que défendent avec passion ces jeunes artistes.

[note_box]Kolia le vif argent et autres nouvelles
De Anton Tchekhov
Adaptation : Micheline Weinstein
Avec Thomas Montpellier et Laure Trainini
Scénographie : Laure Trainini
Lumières : Fabrice Bihet
Musique : Antoine Maunoury
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