Théâtrorama

Embarquement immédiat…

Allez embarquez vous pour une aventure théâtrale pleine de vie, vous ne le regretterez pas ! Elle semble bien nous coller à la peau, la pièce de Bernard Jeanjean.

On se demande souvent si les deux là, sur scène, on ne les aurait pas croisés quelque part. C’est tellement nous…Fanny est célibataire depuis bien longtemps et ça commence à lui peser. Un soir de grosse solitude, (une de plus) elle décide d’inviter un collègue à dîner. Bien décidée à se changer les idées, elle met les petits plats dans les grands, une lumière tamisée, et se dit que peut-être le collègue restera bien couché… avec elle. Au point ou elle en est de toute façon, une histoire d’un soir ne pourra pas lui faire de mal.

Crédit photo Didier Lasne
Crédit photo Didier Lasne

Paul arrive aussi peu sur de lui que ne l’est Fanny… Chacun faignant le « tout va bien ». Oui mais voilà… plus facile à dire, qu’à faire. Et c’est ainsi que le huit clos amoureux commence. Fanny tourne autour de Paul comme une araignée vénéneuse, tout en lui balançant à la figure ses obsessions, et ses angoisses. D’un simple dîner qu’elle imaginait facile à conclure, la voilà perturbée par un partenaire plus sensible qu’elle ne l’imaginait. Et elle ment Fanny, elle ment comme pour mieux se dérober devant la vérité qui dérange. Des petits mensonges pas méchants c’est sur, mais qui perturbe le déroulé de la soirée. Paul garçon timide, un potentiel pour tomber « presque » amoureux sans jouer les imbéciles, n’est pas insensible à la belle, se demande tout de même ou il a mis les pieds, et qui est cette fille si étrange… Et la soirée avance. J’y vais, j’y vais pas ? Incertitudes quand tu nous tiens.

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Crédit photo Didier Lasne

Du cinéma au théâtre
De la scène de ménage surréaliste entre ces deux collègues, à la danse loufoque de Paul, tout y passe. On fait tout pour se séduire sans jamais se le dire. On est touché assurément par ces deux âmes déglinguées par la vie, mais qui ne renoncent jamais.
La souffrance d’hier modère l’envie du présent, mais c’est aussi ça la vie… Et c’est ce qui est intéressant dans cette pièce drôle et ouverte sur le quotidien des hommes et des femmes.

L’art de l’adaptation cinématographique à l’adaptation théâtrale, n’est pas chose et écriture facile. C’est en regardant le spectacle de Bernard Jeanjean que nous en comprenons tout le sens. Une belle et cruelle écriture que la sienne. Elle glisse entre les doigts comme une pudeur qui s’échappe de nous tous. Il faut une bonne part de talent et de sensibilité, pour savoir parler d’amour avec justesse… C’est ici, délicieusement bien fait. Le film a précédé la pièce il y a quelques années. Un beau succès déjà. Aujourd’hui, c’est Martine Fontaine qui s’empare du rôle avec talent (elle a collaboré très étroitement à l’écriture, puisque elle est la muse de Bernard Jeanjean). Belle actrice Martine Fontaine. Elle se déplace avec une agitation élégante. La mise en scène de Jade Duviquet est simple et efficace, on y relèvera parfois quelques longueurs, mais elle sait rendre un petit espace scénique en un joli moment théâtral. Yvon Martin est tout en mesure pour un rôle qui lui va bien. Les deux comédiens prennent plaisir à jouer ensembles, et cela se voit. L’authenticité est bien au rendez-vous. Il faut savoir lâcher prise conclue l’histoire, « j’me sens pas belle » rend beau … assurément.

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J’me sens pas belle
De Bernard JEANJEAN
Mise en scène de Jade DUVIQUET
Avec Martine FONTAINE et Yvon MARTIN
Jusqu’au 2 août
Jeudi, vendredi, samedi à 21h, dimanche à 17h

La Manufacture des Abbesses
7 rue Véron, 75018
http://www.manufacturedesabbesses.com
Réservations : 01 42 33 42 03
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