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Intra Muros d’Alexis Michalik

Intra Muros – L’orage menace à l’extérieur. Premier cours de théâtre pour Richard (Paul Jeanson) dans un établissement pénitentiaire. Metteur en scène sur le retour, il en attend la perspective de nouveaux cours et bien sûr d’autres cachets. Il est secondé par Jeanne (Jeanne Arènes), une comédienne – accessoirement son ex-femme – et Alice (Alice de Lencquesaing), une jeune assistante sociale inexpérimentée et ravie de faire ses preuves.

Après avoir passé tous les services de sécurité de rigueur, l’enthousiasme de Richard est douché : deux détenus seulement se présentent : Kevin (Fayçal Safi), un jeune détenu toujours en tension et Ange (Bernard Blancan), la cinquantaine mutique, qui n’est là que pour accompagner son ami Kevin. En dépit de sa déception, Richard retrousse ses manches et va donner son cours de théâtre en commençant comme il se doit par la théorie… Dès cette première scène désopilante, en forme de coup de patte au contenu des cours de théâtre, Intra Muros, la dernière pièce d’Alexis Michalik accroche l’intérêt du public et le garde captivé jusqu’à la fin.

À constater l’enthousiasme des spectateurs à la fin, on ne doute pas que Intra Muros connaîtra le même succès que les précédents, avec plusieurs Molières pour « Le Porteur d’Histoires », « Le cercle des illusionnistes » et « Edmond », trois pièces encore à l’affiche.

Intra Muros d'Alexis Michalik

Intra Muros du théâtre à la prison

Loin des sagas historiques de ces œuvres précédentes, le jeune metteur en scène de 34 ans à peine explore avec Intra Muros un sujet plus contemporain. Michalik sait percevoir l’extraordinaire, le mythe et la poésie sous la banalité du quotidien. Enfermés entre les murs de la centrale, pour une longue période de détention, les vies tumultueuses de Kevin et d’Ange rejoignent l’épopée de Robert Houdin ou de Méliès racontée dans Le cercle des illusionnistes.

Dans un décor réduit au strict minimum – un lit de fer, quelques chaises, une table et des portants pour les changements de costumes – tout se déroule à vue. En un tournemain, nous voilà dans la cellule partagée de Kevin et Ange, changement de costumes, et de place du décor et nous sommes dans le studio d’Alice, dans la cité de Kevin, dans le supermarché où travaille Ange un temps avant de retourner en prison.

Intra Muros d'Alexis Michalik

Tout tient dans le jeu des comédiens qui incarnent plusieurs personnages et le rythme d’un récit qui change de trajectoire en une minute, le temps d’un tour sur soi-même. Pour cette pièce, Michalik a su tirer parti d’une rencontre avec les détenus d’une maison centrale, condamnés donc à de longues peines, qui ont accordé un prix à un de ses courts-métrages. À partir de leur questionnement et du sien, il a imaginé la vie à l’intérieur des murs de la prison en créant un puzzle aux entrées multiples et inattendues. Comme toujours chez lui, les histoires s’emboîtent, reviennent sur elles-mêmes et finissent par s’enchâsser dans une spirale qui les fait avancer vers le passé des protagonistes.

La fable de Intra Muros est née de cette imagination et a fini par supplanter la réalité, s’infléchissant vers une réflexion sur le dedans et le dehors, vers des échappées inédites. Le texte créé à partir d’improvisations dirigées au plateau avec les acteurs, a pris peu à peu de la force. La rigueur de la mise en scène au cordeau s’est construite en même temps que le texte, soutenue par la musique magistrale de Rapahël Charpentier. Et pour le reste… »Sur le plateau, l’épure, quelques chaises et un « tapis » brookien. Une sorte de saut dans le vide entre trois murs »…dans la salle récemment rénovée du Théâtre 13 /Jardin, précisément là où Michalik créa sa première pièce. Ce n’est pas une boucle qui est bouclée, mais une spirale ouverte à d’autres aventures…

Intra Muros
Texte & Mise en scène : Alexis Michalik
Avec Bernard Blancan, Alice de Lencquesaing, Paul Jeanson et Faycal Safi.
Assistante à la mise en scène : Marie-Camille Soyer
Musique : Raphaël Charpentier
Scénographie : Juliette Azzopardi
Création Lumière : Arnaud Jung
Costumes : Marion Rebmann
Durée : 1h30 – À partir de 12 ans
Crédit photos : Alejandro Guerrero
Du mardi au samedi à 20 h – Dimanche : 16 h

Jusqu’au 16 avril au Théâtre 13/Jardin

 

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