Théâtrorama

« Des histoires-enseignements, conçues pour aider l’être à prendre conscience de ses ressources intérieures », nous dit l’auteure.

Cette douce promenade métissée aux influences cosmopolites compte sept histoires différentes. Elle met en jeu toute une galerie de personnages que rien ne semble à priori relier, si ce n’est qu’ils sont prêts à tout pour aller au bout de leurs rêves.

Tandis qu’un homme construit un phare en plein désert, un père s’efforce d’apprendre à sa fille à voler, alors qu’un rabbin exauce les vœux des autres une fois par an. Un jeune aventurier part à la recherche d’une l’île inconnue, accompagné d’une femme de ménage assez singulière. Un aigle, élevé comme un poulet, apprend à ouvrir ses ailes et une vache comblée continue pourtant d’être inquiète pour son avenir. Enfin, un homme cherche la vérité sans se rendre compte qu’il l’a déjà trouvée… Le contrepoint de ces missions d’espoir est incarné par le personnage de Sceptika, en marionnette javanaise. Cette dernière intervient de manière récurrente entre les histoires pour donner son point de vue, bien souvent acerbe et cynique, légitimé par le fait qu’elle n’a « jamais eu de chance dans la vie ».

Théâtre conté par des marionnettes, quelques ombres, et un être humain
Si le spectacle échappe à la simplicité d’un schéma manichéen, c’est en grande partie par la finesse du travail d’écriture. Les métaphores des contes nous transportent loin de notre quotidien rationnel, et ancrent le récit au creux d’une mémoire vivante et apte à maturer. Les dialogues rythmés et souvent drôles donnent un relief agréable à chaque personnage.

L’auteure de ce texte est également la metteure en scène et comédienne du spectacle. La mise en scène suit l’écriture et investit avec intelligence les différents espaces dessinés par une scénographie simple et efficace. Seule en scène, Nathalie Bentolila endosse tous les rôles, s’aidant de marionnettes javanaises, d’ombres chinoises, et exploitant également le feu, la magie et le chant. Courageux pari, qui, cependant, laisse peu de place aux nuances dans le jeu et amène un flou dans le contour de certains personnages.

Cependant, le duo Sceptika/conteuse fonctionne bien et permet de mettre en jeu une résistance à l’optimisme ambiant parfois légèrement moralisateur. Sceptika agit non seulement comme un double de la conteuse, mais également comme témoin de l’ambivalence de l’être humain. Elle donne sens à tous les autres personnages des récits, plutôt présentés comme des figures unilatérales. L’emploi de la marionnette pour le traitement de Sceptika est juste et pertinent.

Ainsi, il nous est permis de prendre un certain recul vis-à-vis de ce personnage qui peut nous ressembler, incarnant « la petite voix dans la tête qui nous freine par son hyper rationalité ». Et pourtant, au fil de l’histoire, Sceptika se prend au jeu, dépasse ses doutes un à un, et commence à envisager de faire confiance à autrui, et surtout… à la vie.

[note_box]Histoires pour donner du courage
Par la Compagnie A Part of the Whole
Ecriture, mise en scène et jeu : Nathalie Bentolila
Assistante à la mise en scène, régie son et lumière : Patricia Luis-Ravelo
Scénographie : Nathalie Bentolila et Laurent Sindrès
Conseiller magie : Magestic alias Olivier Grim
Création lumière : Xavier Bravin et Patricia Luis-Ravelo
Captation : Vincent Berthe de Pommery
Crédit photo : Laurent Sindrès[/note_box]

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