Théâtrorama

Goodbye Charlie

Le châtiment suprême pour un macho qui saute sur tout ce qui bouge (et même ce qui ne bouge pas) ? Se réincarner en femme ! L’idée est séduisante, comme la comédienne qui franchit les genres sans barrière.

Dieu a de l’humour et s’amuse à tailler un costard à ce coureur de jupon de Charlie en lui faisant porter une jupe dans sa nouvelle vie. L’homme, on ne le verra pas. Seulement une photo pour sa commémoration qui réunit trois amis dans l’appartement du défunt. Enfin, amis, mis à part le sincère attachement de George, son ami d’enfant, Charlie a laissé peu de liens derrière lui et une ardoise bien remplie côté ressentiments. Entre les anciennes maîtresses qui ont aimé les relations au-dessous de la ceinture sans goûter aux coups bas de l’homme à femmes et le producteur qui profite de l’absence du mort pour baver sur ses talents douteux de scénariste, la cérémonie est vite bâclée et Charlie bien enterré. Si ce n’est que Charlie resurgit à l’insu de son plein gré sous les traits d’une femme. George entre dans le secret pour faire de ce garçon manqué une fille réussie.

Femme, je vous aime…
charlieEt ce n’est pas facile tous les jours d’être une femme ! Le choc psychologique passé de la découverte de sa nouvelle enveloppe, Charlie fait l’apprentissage de son nouveau corps et de sa vibrante sensibilité. Le charme de la pièce se diffuse dans ces maladresses de nouvelle femme et ses lourdeurs d’ancien homme. Une subtilité de jeu qui évolue au fil de la pièce pour transformer Charlie, rebaptisé Angèle, en femme épanouie. Marie-Anne Chazel plante un Charlie rude et grossier (mémorable confrontation avec les talons hauts et le rouge à lèvres) pour le faire évoluer vers des gaucheries d’adolescente qui se cherche et qui est affolée par ses hormones, jusqu’à l’âge de la maturité de la femme consciente de ses désirs. Et quand le désir s’appelle George, les situations cocasses se multiplient. Angèle s’appuie sur ses ex maîtresses et apprend à se laisser envahir par l’émotion et le sentimentalisme. Belle répartition des rôles pour un boulevard haut de gamme qui fonctionne à chaque réplique. Eric Laugerias dans le rôle de George est particulièrement touchant et brillant. Serge Ridoux incarne le producteur véreux et pervers à merveille. L’orgasme à l’omelette d’Isabelle Tanakil donne une autre saveur aux œufs et la blonde de service, incarnée par la brune Christelle Reboul, est une quiche à croquer. Alors, oui, les clichés sur l’essence féminine s’accumulent comme de la cellulite sur les hanches, mais pas question d’aller trouver un sens profond à cette pièce de George Axelrod. Juste l’occasion de se divertir avec cette fable transgenre. Le seul regret ? Peut-être de ne pas avoir vu Marie-Anne Chazel en homme. L’affiche mettait pourtant l’eau à la bouche.
[slider title= »INFORMATIONS & DETAILS »] Goodbye Charlie (site web)
Goodbye Charlie
George Axelrod
Mise en scène de Didier Caron
Avec Eric Laugérias, Marie-Anne Chazel, Isabelle Tanakil, Christelle Reboul, Serge Ridoux
Jusqu’au 18 octobre
Du mardi au samedi à 20h30. Samedi à 17h. Dimanche à 15h

Théâtre de la Michodière
4 bis, rue la Michodière, 75002 Paris
Réservations : 01 47 42 96 77[/slider]

Vous pourriez aimer çà

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *



Théâtrorama

Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir plus d'actualités et profitez de nos invitations

Votre abonnement est enregistré avec succès !

Pin It on Pinterest