Théâtrorama

Vous connaissez Etty Hillesum? Jeune femme au tempérament de feu, Etty Hillesum a vu la montée du nazisme et elle est morte à Auschwitz le 30 novembre 1943. Etty Hillesum, prononcez son nom tout doucement. Etty est avant tout un être humain qui s’est interrogé sur la vie. Au théâtre, « Etty » c’est l’adaptation d’un journal intime, l’adaptation des pensées d’une femme intense. La pièce réussira-t-elle à lui rendre justice? Peut-on encore nous surprendre sur ce thème déjà maintes fois exploré?

«Les instruments de la souffrance importent peu, ce qui compte, c’est la façon de porter, de supporter, d’assumer une souffrance consubstantielle à la vie et de conserver intact à travers les épreuves un morceau de son âme. ». Jetées sur le papier, les réflexions d’Etty partent en tous sens. Elle s’interroge sur son avenir, ses amours, sa vie et plus le nazisme prend force, plus sa réponse se concrétise. Il faut vivre! On peut ôter presque tout à un être, que lui reste-t-il? Comment participer à l’équilibre d’un monde qui semble si chaotique? Etty Hillesum choisit d’ouvrir son cœur.

Un soleil solidement attaché entre les côtes
Pas de décor, pas besoin de décor. Les mots d’etty et leur impact. Sur scène trois comédiennes ou plutôt devrais-je dire trois entités. Peu à peu leurs corps, leurs voix, leurs énergies emplissent la salle et le silence du public est immédiat. Ce sont trois femmes sur scène et c’est une seule et même parole qui émane de cette étrange puissance. Ce sont trois femmes sublimes sur scène et c’est un peuple entier qui nous dévoile une vérité étrange. La réponse d’Etty, sa recherche immense. Trois êtres extrêmement différents qui multiplient le pouvoir de chaque mot. Difficile de décrire cette mise en scène qui est à l’image de la vie qu’elle décrit. Antoine Colnot de Staël a réussi à recréer, avec ces trois femmes, l’équilibre entre chaos et unité. Elles chantent, dansent, crient, chuchotent et nous font passer par toutes les émotions. Ce sont trois corps sur scène et c’est million d’ondes qui circulent pour former un tout cohérent.

Vous connaissez Etty Hillesum? Les trois interprètes la connaissent dans leur cœur, leur corps, leur âme. Plus qu’une pièce de théâtre c’est le partage d’un message que l’on a du mal à croire. Etty a aimé, frôlé, touché, fait corps avec la vie. Etty s’est demandée pourquoi elle avait un rapport si étrange à l’autre. Face à l’humain dans ce qu’il a de plus abject, Etty a choisi la générosité. Il y a la peste, la guerre, la crise, la torture, il y a aussi le bonheur de marcher dans son jardin, le soleil qui nous inonde le visage, la sensation de l’herbe sous nos pieds nus, la couleur et l’odeur d’une fleur qui vient d’éclore. Des costumes sombres n’empêchent pas les trois artistes de rayonner dans un mélange de rythme et d’arythmie. Les lumières sont surprenantes et évidentes, superbes. Une pièce hors du temps, hors des mœurs, un petit bijou étincelant. Alors je vous le demande encore, connaissez-vous Etty Hillesum? Je l’ai rencontré hier soir et lui ai trouvé une place en mon âme.

Etty
d’après les écrits de Etty Hillesum
Mise en scène d’Antoine Colnot de Staël
Avec Audrey Boulanger, Anne Jeanvoine, Valérie Mayane
jusqu’au 3 avril
vendredi, samedi et dimanche à 19h

La comédie Nation
77, rue du Montreuil 75011 Paris
Site web
Réservations: 09 52 44 06 57

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