Théâtrorama

D’un grand fantasme collectif, celui de refaire le monde, Sandrine Belzacq-Ubéda tisse un délire théâtral jubilatoire en revisitant la grande Histoire, du Big Bang aux récentes manifs parisiennes. La mise en scène, bourrée de trouvailles et les comédiens au top font passer un moment délicieusement loufoque.
« Si les femmes étaient bonnes, Dieu en aurait une », disait Coluche dans un de ses mémorables sketches. Voilà ce conditionnel devenu réalité sous la plume de Sandrine Belzacq-Ubeda !

De sa céleste hauteur, Dieu, flanqué de sa Déesse, est en pleine crise face à sa création. La chienlit totale ! Madame décide alors de prendre le taureau par les cornes et d’inverser la Genèse en façonnant le monde à sa convenance. Plus de guerre, plus de combats inutiles. Plus de vilaines bestioles qui font peur à tout le monde. Donc plus de serpents. Finie cette lubricité qui gouvernait l’autre monde. Donc plus de sexe et plus de nudité. Reléguées au musée des vieux guignols, ces choses inventées par Dieu, ce gros obsédé devant l’Eternel. Seulement y’a un hic : comment assurer la reproduction ?

Anachronismes et décalages
C’est une passionnée d’histoire qui vous propose ce spectacle complètement délirant. En remontant au Big Bang pour nous amener aux portes du 21ème siècle, Sandrine Belzacq-Ubéda va mettre sa passion au service de son texte. Mais à sa manière. Avec cette folie et cette imagination débordantes qu’on avait déjà vues dans « People story : bienvenu à Bling Bling land » l’an passé. Les événements et personnages vont ainsi défiler à une allure vertigineuse, à travers le prisme de la grosse déconnade. Chacun les reconnaîtra sans souci mais les découvrira comme il ne les aura jamais vus. L’appendice nasal de Cléopâtre, la grande URSS de Vladimir Illitch, l’Amérique de Christophe Colomb vont se succéder, se mélanger parfois, créant de ces anachronismes et décalages immensément drôles.

On ne compte pas non plus les trouvailles que réserve la mise en scène, très cartoonesque. Les musiques, les accessoires confèrent à ce spectacle qui se veut farfelu mais dans une extrême précision scénographique, son caractère résolument déjanté. On ne peut évidemment pas dévoiler ici tout ce que réservent ces presque deux heures d’énergie débridée. Disons simplement que les surprises déferlent et qu’elles sont bonnes.

Sur la scène, ils sont huit à interpréter près de 80 personnages. L’harmonie de l’équipe est bluffante. Chacun défend ce texte aussi intelligent que drôle avec un plaisir inouï. On sent ces jeunes comédiens voués à la cause commune, on les devine heureux d’être là et ils ne ménagent pas leur énergie. Ils sont bourrés de talent. Espérons qu’une salle à la hauteur de leur potentiel saura leur ouvrir ses portes…

Et la femme créa…l’homme
Texte : Sandrine Belzacq-Ubéda
Mise en scène : Sandrine Belzacq, assistée de Stéphanie Delucca, Soraya Archimbaud et Vanessa Puyraud
Avec Clément Parmentier, Ricardo Burgos, Soraya Archimbaud, Vanessa Puyraud, Vanessa Ubeda, Claire Butard, Thibault Dudin, Sandrine Belzacq Ubeda
Tous les vendredis à 21h30
Durée : 1h50

Théâtre des Deux Rêves
5 passage Thionville, 75019 Paris
site web
Réservations: 01 48 03 49 92

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