Théâtrorama

Cela aurait pu ressembler à la rencontre de la carpe et du lapin ! Car l’univers de la musique classique et la danse hip-hop, relève a priori d’une rencontre improbable. Pourtant, avec tendresse et virtuosité, la violoncelliste Ophélie Gaillard, et le danseur-chorégraphe Ibrahim Sissoko créent là un spectacle étonnant dans lequel se croisent les influences de mondes qui se révèlent à la fois, multiples, proches et complémentaires.

Le spectacle est né d’une rencontre entre les deux interprètes lors d’une résidence d’artistes en région parisienne. Chacun dans son domaine, bénéficie d’un solide parcours. « Révélation soliste instrumental » aux Victoires de la Musique Classique en 2003 pour Ophélie Gaillard, chorégraphe et danseur reconnu des danses urbaines en France, dès 1992 pour Ibrahim Sissoko.

Au-delà de la différence des univers artistiques des interprètes, la scène à l’italienne et l’univers baroque du théâtre du Ranelagh, avec ses plafonds en caissons et ses murs lambrissés ajoutent à l’étrangeté de la rencontre. Sur la scène, elle apparaît toute blonde, avec son violoncelle presque aussi grand qu’elle, alors qu’il surgit de l’ombre. Au « bloc monolithique » de la musicienne et de son instrument, s’oppose le corps mouvant, sinueux et totalement libre du danseur. À la charge hautement symbolique de l’univers de la musique classique constitué par le violoncelle, le danseur offre la diversité des registres des danses urbaines.

A la frontière des genres
Peu à peu les deux univers se décloisonnent. Avec beaucoup d’humour et de poésie, la violoncelliste et son instrument se mobilisent, devenant les partenaires du danseur, alors que ce dernier peu à peu intériorise le mouvement pour écouter la musique. L’espace scénique, décloisonné à son tour, devient théâtre d’ombres ou se prolonge dans des images virtuelles, projetées en 3D. Les musiques africaines et occidentales, se croisent, se superposent, se répondent et se révèlent plus proches qu’on ne pourrait le supposer. L’archet sculpte le corps du danseur et en révèle les sonorités intérieures ; le danseur initie des sons inattendus et par sa danse invite l’autre à pénétrer dans des univers qui font partie de la mémoire collective.

Le spectacle se construit autour des contraires : couleur de la peau, masculin/féminin, musique classique/danses urbaines, réalité/virtualité, silence/sons… En partant à la recherche de son âme, de son histoire et en quête de l’autre, naît la rencontre intérieure qui privilégie le ludique, l’humour et le beau qui finissent par avoir raison de différences qui ne sont qu’apparences. Ophélie Gaillard, Ibrahim Sissoko…et le violoncelle ont imaginé là un spectacle trans-artistique qui, avec un grand sens de la beauté et une immense générosité, nous ouvre à un monde plus grand, plus tolérant, plus optimiste et beaucoup plus drôle.

En filigrane
Chorégraphie et mise en scène : Ibrahim Sissoko
Arrangements musicaux : Ophélie Gaillard
Direction d’acteurs : Charles Gonzalès
Création lumière : Jean-Marc François & Idalio Guerreiro
Plasticien et concepteur multimedia : Julien Tarride & Iaps
Avec Ophélie Gaillard et Ibrahim Sissoko
Durée du spectacle : 1 h 10
Crédit photo: Ben Dumas

Du 6 Mars au 10 Avril 2015 Au Théâtre Le Ranelagh
Du Mercredi au samedi à 21 h- Dimanche à 17 h
Relâche : 18 Mars et 1er Avril

 

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