Théâtrorama

Un auteur américain, désormais reconnu, dont les principales œuvres sont aujourd’hui érigées au rang de classiques. Deux adaptations cinématographiques, l’une en compétition aux Oscars en 1940 et l’autre en sélection à Cannes en 1992. De nombreuses adaptations scéniques, la première, mise en scène par l’auteur lui-même à Broadway. Un spectacle qui connaît, depuis sa création en 2002, un vif succès auprès du public, repris au théâtre du Petit Saint-Martin pour 60 représentations exceptionnelles. « Des Souris et des hommes » une pièce à qui tout…réussit.

George et Lennie parcourent la Californie avec pour seul bagage leur amitié. Le premier est petit mais malin veillant avec attention et vigilance sur le second, son ami et compagnon de route, simple d’esprit doté d’une force physique impressionnante. Leur rêve est d’accumuler un pécule suffisant afin de s’offrir leur propre ferme pour y cultiver leur liberté et y élever des animaux. Mais voilà, l’attirance instinctive et quasi-animale de Lennie pour tout ce qui est doux, des souris aux cheveux d’une femme, le conduit à détruire ce qu’il touche, ce qu’il sert trop fort dans ses mains puissantes. Ces mains, ces mains pleines de vie qui créent et lui permettent de manger, ces mains qui tuent et lui attirent le plus d’ennui. Une histoire d’homme avec un grand « H », posé cette fois-ci sur ces êtres fragiles que sont les Hommes seuls et dépossédés.

Main dans la main
La prestation de la troupe est à la hauteur du chef d’œuvre de John Steinbeck. Pourtant, autant dire qu’il n’est pas facile d’interpréter un texte, si dur de par ses thèmes et auréolé, qui plus est, d’un succès important et constant. Ainsi, la différence, la solitude, l’amitié, le racisme et l’exclusion sont développés sans concession, avec la force d’un coup de bêche. Les sillons creusés dans la terre de l’intolérance par l’écrivain permettent aux acteurs de cultiver, au sens noble du terme, la compréhension de l’autre. Comme les travailleurs acharnés qu’ils incarnent, tous les comédiens récoltent le fruit d’un labeur collectif. Prenons néanmoins la liberté de souligner la belle prestation de Jacques Herlin qui s’est récemment illustré dans le film de Xavier Beauvois « Des Hommes et des Dieux » qui, au-delà de la proximité de leur titre, dispensait déjà des valeurs similaires de tolérance et de sacrifice. Mais tout comme les autres, le doyen de la pièce brille par son aptitude à ne pas faire de l’ombre à ses camarades.

Tout est fait et mis en place pour rester au plus proche de la terre et du propos : un décor unique et des costumes exacerbant la position sociale des personnages. Deux hommes sans futur, réunis par leur solitude et dont l’handicap d’un homme plein de rêves s’avérera être un trop lourd fardeau à trimbaler pour les deux nomades. L’humilité des interprètes raisonne au son de l’humanité du récit, une humanité où les hommes survivent et où les souris meurent. « Bien connaître un homme ne conduit jamais à la haine, mais presque toujours à l’amour. » – John Steinbeck.

Des Souris et des Hommes
De John Steinbeck
Adaptation : Marcel Duhamel
Mis en scène : Jean-Philippe Evariste & Philippe Ivancic
Avec Jacques Herlin, Philippe Ivancic, Jean-Philippe Evariste, Gaëla Le Dévéhat, Jacques Bouanich, Philippe Sarrazin, Emmanuel Dabbous, Bruno Henry, Henri Déus, Hervé Jacobi
Du 20 novembre 2010 au 6 février 2011
Du Mardi au Samedi 20h00 et Dimanche 15h00

Théâtre du Petit Saint-Martin
17, rue René Boulanger, 75010 Paris
site web
Réservations : 01 42 02 32 82

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