Théâtrorama

Le Conte d’hiver mis en scène par Philippe Car

Le Conte d'hiver de L'Agence des Voyages ImaginairesLe Conte d’hiver – 2016 est l’année du 400ème anniversaire de la disparition de Shakespeare. L’Agence des Voyages Imaginaires, qui revisite les grandes pièces classiques du répertoire à sa façon, ne pouvait manquer l’occasion de reprendre Le Conte d’hiver– déjà présenté en 2002 -, une des dernières œuvres du grand auteur. Construite comme un conte, la pièce surprend par sa férocité, mais surtout sa fantaisie et ses retournements de situations. « Le Conte d’hiver commence, nous dit Philippe Car, comme une tragédie qui finit bien ou une comédie qui commence mal ».

Léontes, roi de Bohême, devient fou de jalousie et dans un élan de passion destructrice, fait enfermer sa femme qu’il croit enceinte de son ami Polixènes, roi de Sicile. Ce dernier, grâce à la complicité d’un serviteur de Léontes, échappe de peu à la vindicte passionnelle de son ancien ami qui veut le tuer. Hermione emprisonnée accouche de sa fille Perdita qu’elle confie à sa servante qui l’abandonne sur un rivage hostile…

Jeux de dupes sous les déguisements

En s’emparant de la pièce, Philippe Car et sa bande de joyeux lurons, à la fois danseurs, comédiens et musiciens, la transforment et prolongent la féérie et l’imaginaire des situations, faisant du public un acteur complice du spectacle. Partageant la pièce en trois actes fictifs, l’adaptation de Philippe Car et Yves Favrega donne à entendre les différentes strates d’une pièce qui va du tragique au comique en passant par la fantasmagorie du conte. Au centre, ils imaginent le personnage fantasque du Temps qui, en dépit de ses mauvais jeux de mots, se comporte comme un grand architecte du monde qui redonne à chaque événement une perspective plus juste.

Le Conte d'hiver de L'Agence des Voyages Imaginaires

Tragi-comédie féérique et musicale

Le Conte d’hiver commence dès l’entrée dans le hall du théâtre. Des loges y sont installées à vue. Le public peut assister en direct à la transformation de l’acteur en personnage. En musique, il est invité à suivre les comédiens dans la salle. Les couloirs du théâtre deviennent ceux du château du roi Léontes où la reine Hermione donne une fête en l’honneur de Polixenès, invité du roi de Bohême. Dès leur installation, les spectateurs deviennent les témoins muets de la jalousie de Léontes et la tragédie se noue sous leurs yeux. Prisonnier de sa passion maladive, Léontès défie le dieu Apollon qui le privera de sa femme et de sa fille. Ce passage noir n’est pas sans rappeler la tragédie d’Othello, mais ici la comédie lui succède et voit le triomphe de l’amour sur la mort et le mal.

Le Conte d'hiver de L'Agence des Voyages ImaginairesAvec leur maquillage clownesque, les comédiens introduisent la confusion sociale des personnages. On y rencontre des rois et des reines, des princes et des princesses, mais aussi des clowns, des bergers et des voleurs. Les déguisements introduisent un jeu de dupes qui balaient les différences sociales. Les décors quelque peu naïfs transforment la scène en un livre d’images que l’on feuillette.

De l’hiver en Bohème au printemps sur les bords de la mer en Sicile, les personnages parcourent le monde à l’exception du roi Léontes enfermé dans son palais. À la façon de marionnettes, derrière un castelet, il tourne en rond avec sa cour, ruminant sa tristesse et ses remords jusqu’à la pirouette finale qui nous conduit vers une fin heureuse et rétablit la lumière.

Derrière la fantasmagorie et l’imaginaire, à son habitude, le grand Will nous a parlé de nous, de nos passions qui nous rendent prisonniers et des fondements de nos sociétés. Sans en édulcorer le propos, Philippe Car et son Agence des Voyages Imaginaires y ajoutent leur grain de sel et grippent la machine pour nous conduire vers toujours plus de fantaisie. Le Conte d’hiver, on aime, on en redemande. C’est déjà fini, le livre d’images se referme…

Le Conte d’hiver
D’après William Shakespeare
Mise en scène : Philippe Car assisté de Laurence Bournet
Adaptation : Yves Fravega et Philippe Car
Avec Valérie Bournet, Francisco Cabello, Philippe Car, Nicolas Delorme, Susanna Martini ou Lucie Botiveau, Vincent Trouble
Musique et direction d’orchestre : Vincent Trouble
Création lumière : Julo Etiévant
Costumes : Christian Burle
Décors et accessoires : André Ghiglione et Pierre Baudin (contributions de Sophie Rigaud et Luki Millet)
Création son : Pedro Theurier

Durée : 1h40 sans entracte – conseillé à partir de 10 ans
Du mardi au samedi à 20h, dimanche à 16h,

Jusqu’au 18 décembre au Théâtre 13 / Seine

Tournée prévisionnelle 2016 / 2017
5, 6 janvier 2017- Libourne (33), 13, 14 janvier 2017 Andrézieux-Bouthéon (42), 20 janvier 2017 – Fos sur Mer (13), 28 janvier 2017 Vevey (Suisse), 31 janvier/1 février 2017 Thonon-les-Bains (74), 4 mars 2017 Chevilly-Larue (94), 9, 10 mars 2017 Garges-lès-Gonesse (95),
14 mars 2017 Mondeville (14), 17, 18 mars 2017 Pontault-Combault (77), 5 mai 2017 Manosque, 9, 10, 11 mai 2017 Bonlieu / Annecy (74), 16, 17, 18, 19 mai 2017, Oullins (69)

Vous pourriez aimer çà

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *



Théâtrorama

Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir plus d'actualités et profitez de nos invitations

Votre abonnement est enregistré avec succès !

Pin It on Pinterest