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Constellations – Mise en scène : Arnaud Anckaert

Constellations - Mise en scène : Arnaud AnckaertConstellations – La scénographie est une boîte en bois brut de contreplaqué de peuplier précise le dossier de presse. Espace intérieur avec des lignes de fuite et deux portes qui ouvrent sur un ailleurs incertain. Ce décor réduit au strict minimum, devient une scène de jeu illimité pour Noémie Gantier et Maxence Vandevelde qui déroulent avec jubilation, élégance et une sensibilité loin des conventions ce texte de Nick Payne, auteur anglo-saxon jamais traduit en français.

Constellations est un texte court qui raconte la rencontre improbable entre Roland, apiculteur de son état et Marianne, une physicienne qui se dirige mieux dans les méandres du cosmos que dans sa propre vie. Scénario banal d’un couple qui se forme et doit faire face aux aléas de la relation, de la séparation et des choix face à l’adversité…

De la physique quantique dans la relation amoureuse

Le texte échappe totalement au stéréotype et au cliché en développant dans l’écriture la répétition de scènes où sont introduites des variations subtiles de sens. Une intonation différente, une réplique, et le sens glisse vers d’autres intentions, tirent le jeu dans d’autres directions. Aucun accessoire, seuls les mots tricotés différemment créent d’autres espaces et d’autres situations. Introduisant dans le dialogue les principes de la physique quantique, le même événement est susceptible de connaître d’autres issues, le lieu unique se transforme en lieu de passage, de rencontre et de transition qui nous conduit à travers les anecdotes banales sur les chemins de la vie et de la mort.

L’espace et le temps de la vie deviennent ceux du théâtre dans un univers loin de la linéarité de la narration, dans un multivers, dit Marianne, « où, toutes nos décisions, qu’on les prenne ou non, existent dans un ensemble inimaginablement vaste d’univers parallèles « .

Loin du simple exercice de style, la mise en scène d’Arnaud Anckaert s’affranchit du mécanique et de la forme en faisant vibrer l’émotion, mais aussi la légèreté et l’humour. Avec la bascule à peine visible de la lumière, comme dans la musique de Bach, l’interprétation des acteurs joue sur les variations du texte et défriche ainsi des chemins de traverses qui ouvrent sur une infinité d’espaces et de temps possibles.

Dans ce jeu de piste, le spectateur s’amuse autant que les comédiens, explore avec eux les possibles qui naissent des non-dits de la conversation, des phrases suspendues qui ouvrent parfois sur le big bang des disputes et des remises en question et mettent en parallèle la transformation d’un humain et le chaos qui a précédé à la création de l’Univers.

Le procédé s’appuie sur l’imaginaire des acteurs et des spectateurs, stimule l’intelligence, pose des hypothèses les unes après les autres comme un scientifique qui éprouverait ses théories. Ici naît un nouveau discours amoureux qui questionne les thèmes éternels du couple, de l’infidélité, du temps qui passe, des choix et du libre arbitre qu’on ne sait pas toujours comment exercer…Tout cela ensemble ou de façon concomitante sans oublier bien sûr la vie des abeilles et les théories de la physique quantique.

 

Constellations
De Nick Payne
Traduction : Séverine Magois
Mise en scène : Arnaud Anckaert
Assistanat à la mise en scène : Anna Dewaele
Scénographie : Arnaud Anckaert, en collaboration avec Olivier Floury
Avec Noémie Gantier et Maxence Vandevelde
Lumières : Martin Hennart
Musique : Benjamin Collier
Costumes : Alexandra Charles
Construction : Alex Herman
Traductrice répétitrice en langue des signes : Agathe L’Huillier
Durée : 1 h 20
Crédit photos : Bruno Dewaele

Jusqu’au 18 Février au Théâtre de l’Aquarium

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