Théâtrorama

Le western théâtral revient sur le devant de la scène avec les aventures de Calamity Jane, héroïne des temps modernes qui défraya la chronique au 19ème siècle. C’est Clémentine Célarié qui endosse ce personnage. Elle y est magnifique et très bien entourée. Un spectacle certes sans grande originalité de mise en scène mais fort agréable toutefois.

Il ne va pas falloir aller au Théâtre de Paris pour y prendre un bain de jouvence scénique ni une grosse claque qui vous laisse scotché à votre fauteuil, le regard hagard et les neurones en vrille. Il s’agit bien ici d’un théâtre qu’on affuble du sobriquet de « pépère » avec l’air blasé et l’indulgence en berne. Mais ce serait faire fausse route pourtant que de bouder ces aventures de la plus célèbre femme de l’histoire du Far West.

Martha Canary alias Calamity Jane a connu la notoriété de son vivant par sa participation à la conquête de l’ouest et son rôle lors des guerres indiennes au cours desquelles elle s’est prétendue éclaireur pour l’armée américaine avec le général George Custer. Elle devient le personnage principal d’un spectacle basé sur sa propre légende. Mais que sait-on de sa vie, dont le récit est une tâche ardue à cause de la manière dont elle l’a elle-même mise en scène ?

Une aventurière à plus d’un titre
C’est davantage cette partie-là que développe le spectacle d’Alain Sachs. Nous y découvrons une femme qui se fait passer pour un homme afin de suivre les armées, puis finit par s’assumer comme épouse et mère sans pour autant se départir de ses folles envies d’évasion. Etre mère et bourlingueuse, s’assumer comme femme et guerrière, divorcer, abandonner son gamin et se remarier : l’aventurière fine cavalière incapable de se défaire de sa monture est aussi et avant tout une pionnière avec ses velléités clairement affirmées de se libérer de ses chaînes, bien avant la révolution féministe. Avec les conséquences tragiques que cela induit…

Personnage double, donc, à jouer sur scène. Clémentine Célarié offre toute la générosité qu’on lui connaît à cette héroïne. Aussi drôle que bouleversante, la comédienne échappe sans coup férir au ridicule potentiel de certaines situations, en particulier au tout début du spectacle où elle n’a pas vraiment l’âge du rôle en plus d’être fagotée comme un mec. Et sa capacité à émouvoir sans sombrer dans le pathos sonne particulièrement juste dans les dernières scènes. Ses partenaires jouent leur partition avec justesse (Yvan Le Bolloch, Isabelle Ferron en tête), sans cabotinage, contrebalançant par cette retenue la facile grivoiserie dans lequel le dialogue aurait tendance à s’enferrer.

Avec une mise en scène efficace, rythmée par de nombreux changements de décors, cette version des aventures de cette figure emblématique du Far West s’avère une fort agréable surprise. Pas renversant d’imagination mais solide. On le conseille donc chaudement.

[note_box]Calamity Jane
De Jean-Noël Fenwick
Mise en scène Alains Sachs
Avec Clémentine Célarié, Yvan Le Bolloc’h, Philippe du Janerand, Isabelle Ferron, Pierre-Olivier Mornas, Tatiana Gousseff, Gilles Nicoleau, Michel Lagueyrie, Fanie Outeiro, Patrick Delage, Cyril Romoli, Jordi le Bolloc’h, Cédric Tuffier et Satan le cheval.[/note_box]

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