Théâtrorama

Cabriolet

Un formidable divertissement sur les rapports hommes/femmes mais décliné à la manière d’Hervé Devolder, orfèvre en la matière. L’ensemble est d’une irrésistible drôlerie, un poil vachard et mené par deux comédiens débordants d’énergie et de talent. Ne ratez pas ces noces un peu spéciales !

Thierry aime tellement sa Florence qu’il décide de l’emmener en second voyage de noces en Italie pour retrouver les sensations de la naissance de leurs amours. Florence accepte cette pérégrination dans la ville qui porte son nom mais avec pour dessein unique de lui déclarer l’extinction totale de sa flamme et lui avouer que son feu brûle désormais pour un autre…

Les rapports hommes/femmes, Hervé Devolder semble les connaître et les maîtriser avec assez de perspicacité pour, fortement épaulé par son talent de conteur et d’auteur compositeur, les décliner sur tous les tons. Après « Jupes courtes et conséquences », succulente comédie douce-amère ou s’entremêlaient chantage au suicide au milieu des « je t’aime », menace à main armée et sincérité incomprise entre deux personnage, Devolder nous offre une friandise diablement récréative et revigorante. Et un poil transgressive aussi, disons-le.

Humour et amour : la rime riche
Le texte fourmille de bons mots bien (ar)rimés, de situations drôlissimes, le tout ponctué de chansons (originales, bien sûr) qui s’inscrivent à merveille dans le propos qui ne manque ni de punch ni de peps. L’ensemble est coloré, un rien kitch et propret dans les décors et les costumes, habile contrepoint au caractère un poil immoral du sujet qui développe quand même un joyeux vadémécum du/de la parfaite menteur(se).

La construction de l’intrigue avec son retournement de situation va renvoyer dos à dos (et ramener face à face) les deux protagonistes qui, par un judicieux effet de miroirs et le célèbre procédé de l’arroseur arrosé, conservent un pied d’égalité tant dans la muflerie que la sincérité. Un concentré de condition humaine, finalement. Objectif et sans discrimination.
Deux formidables comédiens défendent avec bonheur ce sujet. Artistes complets, ils nous font passer un moment délicieux, efficacement assistés d’un pianiste qui ne fait pas que pianoter… On sort de ce spectacle ragaillardi car même si au fond, il nous tend un miroir à peine déformant de nos propres comportements, il nous invite surtout à en rire. Humour et amour, la rime ne s’invite pas si souvent au théâtre. Une raison de plus pour ne pas manquer ce rendez-vous…

[note_box]Le Cabriolet
De Camille Saféris, Hervé Devolder
Mise en scène : Hervé Devolder
Avec : Camille Saféris, Juliette Galoizy, Alain Bernard
Photo : Fabienne Rappeneau[/note_box]

Vous pourriez aimer çà

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *



Théâtrorama

Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir plus d'actualités et profitez de nos invitations

Votre abonnement est enregistré avec succès !

Pin It on Pinterest