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Boxing Paradise à la MC93

Boxing Paradise de Stéphane OlryUn homme est sur le point de mourir. Il se tient debout devant nous. Est-il perdu pour le monde, et pour ses proches ? Va-t-il résister à la maladie ? Menacé dans son intégrité, invité trop tôt pour le dernier voyage, il rassemble ses affaires, il fait le bilan. Il n’est pas encore temps de se battre, il faut comprendre d’abord.

Dernier combat

Face à son ange gardien, il se retrouve aux portes de son Paradis, c’est à dire ici l’expression de son désir le plus profond. Et ce désir se matérialise à sa grande surprise en salle d’entraînement de boxe. L’homme a vécu dans son club sans le savoir un moment très important de sa vie. Revoir les images en compagnie de son ange gardien lui permettra de saisir l’essence et la profondeur de cet engagement – tardif d’ailleurs et surprenant à l’âge d’une maturité affirmée – dans ce sport a priori brutal.

Devant les yeux des spectateurs défilent des images tirées de ses entraînements, de ses rencontres. Les émotions affleurent, et les souvenirs. L’engagement des jeunes du club porte bien plus que de la brutalité. Il y a là les espoirs et les rêves d’une classe populaire, l’expression sublimée des difficultés quotidiennes, le mystère qui entoure chaque parcours.
Peu à peu, au spectacle de ces images, l’homme fera le lien avec son propre combat et en tirera la conclusion qui s’impose…

L’idée est belle a priori… Pourtant elle manque sa cible. Stéphane Olry – excellent dans ses collaborations avec Clyde Chabot, par exemple – enferme ici les comédiens dans une narration au passé proche. Le présent est annulé, et cela pèse durablement sur le spectacle. Pas de possibilité de surprise, la narration ne déraille jamais de son chemin… Au sein de ce dispositif les séquences vidéos n’apportent pas de valeur ajoutée. S’installe alors l’impression étrange d’être dans un salon en compagnie des comédiens, comme si l’on assistait avec eux à une soirée diapos.

Si l’idée de mise en scène est a priori porteuse d’émotion et de complexité, elle s’enferre ici dans un curieux classicisme. Le refus de tomber dans le documentaire avec les images prises dans le club de sport nous prive également d’une précieuse source d’émotion et d’identification.

Seule les évocations de la maladie – que le comédien a réellement traversé – parviennent à nous atteindre. Ces bulles de présent sauvent le spectacle de ses défauts de conception.

Boxing Paradise
Mise en scène et texte : Stéphane Olry
Avec Hervé Falloux, Corine Miret
Vidéo : Stéphane Olry et Cécile Saint-Paul
Scénographie : Bertrand Renard
Lumière : David Pasquier
Son : Morgan Marchand
Les images diffusées durant le spectacle sont tournées lors des entraînements et des compétitions du Boxing Beats d’Aubervilliers, avec les entraîneurs, boxeuses et boxeurs du club.
Crédit photos : Pierre Grosbois

Jusqu’au 7 octobre 2018 à la MC93

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