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Bonnie & Clyde

Bonnie Parker, Clyde Borrow, ils sont rentrés dans la légende du crime. Arthur Penn les a immortalisés au cinéma avec sa version de 1967 (Faye Dunaway en hors la loi, un fantasme à l’état pur) et Gainsbourg les a magistralement mis en musique en faisant de BB une bombe… à retardement. Raphaël Bancou a osé s’attaquer au mythe avec ce polar musical qui sait viser juste pour apporter un souffle nouveau au gang Borrow.

Difficile de ne pas avoir la chanson de Gainsbourg en tête quand on rentre dans la salle de l’Alhambra. Bonnie & Clyde en comédie musicale ? On s’attend au pire et finalement on obtient, non pas le meilleur, mais un ensemble intéressant qui nous embarque dans l’histoire sans braquer le public. Le pitch ? Une love story façon gangster. Du casse, de la castagne, et des règlements de compte au sein de la petite mafia locale. Clyde, sous les ordres du parrain, Alvarez, fait partie de la grande famille du crime. Petite arsouille sans état d’âme, quand il rencontre Bonnie, tout bascule. Coup de foudre criminel. Elle, une voix d’ange, un culot de démon. Elle braque pour la bonne cause. L’argent qu’elle vole, ce petit robin des bois au féminin le reverse à son orphelinat, dirigé par Anita Villa Lobos (une larme à l’œil, une). Tout se complique quand la belle décide de piquer les diamants d’Alvarez. Un contrat est mis sur sa tête. Les amants terribles vont jouer avec l’amour du risque et partir en cavale jusqu’au point de non retour.

Bonnie & Clyde Troupe 3

Romance explosive
Le piège aurait été de calquer la pièce sur le film… Raphaël Bancou parvient habilement à extraire la quintessence du mythe pour construire une nouvelle trame de ce polar musical. Le narrateur, Willy Woofy, interprété délicieusement par le metteur en scène de la pièce, Antoine Lelandais, inclut une note qui manquait au mythe : l’humour. Petites touches distillées dans toute la pièce mais qui allègent l’ensemble et détendent une atmosphère où les flingues et les bastons font la loi. Côté chansons, bon, un brin de guimauve et de rimes faciles, des mélodies qui s’accrochent aux neurones comme de la glue et des trémolos dans la voix. Les adeptes du genre se régaleront, les autres trouveront leur compte dans deux ou trois chansons qui sortent du lot et sonnent juste à tout niveau et dans les chorégraphies de danse qui mettent en avant une Cécilia Cara, Bonnie charmeuse, au faîte de sa maîtrise. Les voix restent dans la norme sans faire frémir, mis à part l’excellent Gilles Vajou dans le rôle d’Alvarez qu’on aurait aimé entendre davantage. Bonne surprise tout de même que ce polar musical par une scénographie simple et efficace et qui fait passer un agréable moment (sans oublier le titre de Gainsbourg qui nous revient vite dans les oreilles dès que l’on a quitté la salle).

[slider title= »INFORMATIONS & DETAILS »] Bonnie & Clyde (site web)
D’Antoine Lelandais et Raphaël Bancou
Mise en scène d’Antoine Lelandais
Avec Christine Bonnard, Cécilia Cara , Sabrina Boudaoud , Gilles Vajou , Magali Bonfils , Fabien Hily , Antoine Lelandais , Fabian Richard, Raphaël Bancou
Du mercredi au samedi à 21h, dimanche à 16h30

L’Alhambra
21 rue Yves Toudic, 75010 Paris
Réservations : 01 40 20 40 25
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