Théâtrorama

La compagnie Les Brigands récidive ! Et la troupe n’est pas seule cette fois-ci pour dépoussiérer cet opéra-bouffe de Claude Terrasse et Franc-Nohain. Accompagnés de la compagnie les 2600 couverts, Les Brigands prennent cette farce licencieuse, qui avait été censurée à sa sortie en 1901, à bras le corps pour recréer un Moyen Age délicieusement déjanté.

Mais quelle idée de partir pendant trois ans en croisade en Palestine et de laisser sa jeune épouse, dame Bertrade, avec sa ceinture de chasteté verrouillée à double tour ! Les femmes du château commencent à trouver le temps long (parce que le Moyen Age c’est sympa mais côté occupation ça limite) et le feu du désir vient leur chatouiller les sens. Elles ont des hommes à portée de main mais interdiction de consommer sans le consentement (et le droit de cuissage prioritaire) du seigneur. Heureusement les demoiselles de compagnie ont les idées mal placées mais bien pensées et montent un subterfuge pour gruger en douce le maître des lieux. Dame Bertrade se plie de bonne grâce à ces manigances et fait passer le test, ô combien viril, de l’oliphant (c’est à celui qui saura tirer le plus beau son) aux beaux spécimens du royaume. Les bellâtres se vautrent, dame Bertrade décide de prendre son page au mot et de succomber au péché véniel, un pèlerin se fait prendre en sandwich par les demoiselles de compagnie qui croient reconnaître leur seigneur de retour. Le Moyen Age dégénère et la ceinture de chasteté ne résiste pas au stupre ambiant.

Au temps des croisades

Cochon d’oliphant
Les Brigands ont trouvé la bonne recette pour faire du neuf avec du vieux et pousser la fantaisie à l’extrême pour truffer le Moyen Age d’anachronismes et de pointes d’humour qui font mouche à chaque coup. Mise en scène millimétrée de Philippe Nicolle qui part dans tous les sens dans un joyeux capharnaüm bien organisé. Le livret résonne de modernité sur la condition des femmes (comme quoi du Moyen Age au 21eme siècle, les ceintures n’ont pas encore toutes sauté) et les airs entraînant réjouissent de gaudriole. L’orchestre se livre aux pitreries avec plaisir par l’intermédiaire de Christophe Arnulf, talentueux musicien-bruiteur, et les chanteurs bouillonnent d’énergie sur scène, composant sur toute la gamme de leur virtuosité (mention spéciale pour le duo de dame Bertrade, Charlotte Saliou, et de sa servante interprétée par Valérie Véril, qui ne chante pas (ou faux) mais mime et fait de ses silences un pilier comique de la pièce). L’entracte est l’occasion pour les 2600 couverts de… se découvrir et de mettre le spectacle dans la salle. Intermède clownesque délirant qui plonge le public dans un univers débridé. « Au temps des croisades » s’en va t-en guerre contre la morosité pour offrir un moment exquis de légèreté.

[slider title= »INFORMATIONS & DETAILS »] Au temps des croisades (site web)
Claude Terrasse, Franc-Nohain
Mise en scène de Philippe Nicolle
Avec : Gilles Bugeaud, Olivier Dureuil, Jacques Ville, Christophe Arnulf, Emmanuelle Goizé, Olivier Hernandez, Valérie Véril, Christophe Grapperon, Flannan Obe, Anne-Lise Faucon, Charlotte Saliou
Jusqu’au 3 janvier 2010
Mercredi, jeudi, samedi à 20h, dimanche à 16h

Athénée – Théâtre Louis Jouvet
Square de l’Opéra-Louis Jouvet, 7 rue Boudreau, 75009 Paris
Réservations : 01 53 05 19 19
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  1. Il y a du Offenbach dans ce truculent fabliau. De sacrés Brigands du rire.

    emilie / Répondre

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