Théâtrorama

La salle du Théâtre 71 transformée, un peu rétrécie, nous invite à prendre place. Nous sommes installés sur des gradins de bois qui forment un demi-cercle autour de ce qui va apparaître.

Nous, déjà attentifs, formons un équipage de 7 à 77 ans. Le navire prend le large et nos yeux s’écarquillent davantage… Des fils et des marionnettes au bout des fils. En proie au contrepoids, elles se lancent, suspendent, volent presque pour surgir et s’évanouir à nouveau dans leur paquet « accroché au plafond ». Au centre des manipulations il y a un mythe, une histoire dont nous connaissons les tenants et les adjuvants, la fatale issue. C’est d’Œdipe qu’il s’agit.

Le destin ne tient qu’à un fil

Crédit photo Vincent Muteau
Crédit photo Vincent Muteau
La compagnie des « Anges au plafond » nous offre après une « tentative de défroissage » du mythe d’Antigone celle des marches de son père, à la dérive sur le radeau de son identité.
Le papier se tend en ombres, projette la cité de Thèbes, l’oracle incestueux et parricide. Les marionnettes sont embarquées sur une mer qui soulève parfois sa colère…nous, à nouveau enfants, sommes des spectateurs amusés de ce fil exploité avec une intelligence avide de beauté.

Brice Berthoud manipule tous les personnages. Ils apparaissent, le sollicitent parfois sans que jamais il ne se mette au-devant.La « machinerie » du spectacle est à la vue du public également parce qu’elle est histoire. Deux musiciens accompagnent cette marche. Piero Pépin la souligne, entre autre, de sa trompette et Wang Li de la maîtrise époustouflante de la guimbarde. Ils sont, eux aussi, serviteurs du radeau et leurs mélodies ne cherchent pas seulement à habiller, elles participent. Chaque élément du spectacle est travaillé de manière à produire un langage. Celui-ci n’est jamais univoque et chemine entre une parole solitaire et commune.Un chœur où la musique assure la projection entre l’homme et ses rêves de papier.
Et nous voici au bord du monde, têtes et corps en avant enfin disponibles à ce qui à lieu. De ces créations que l’on porte une fois le théâtre derrière nous. Elles dessinent un merci. Après, à peine sortis, des mondes surgissent encore des feuilles d’automne qui jonchent le sol.

[slider title= »INFORMATIONS & DETAILS »] Au fil d’Œdipe (site web)
Une création « Les Anges au plafond »
Sur le radeau : Brice Berthoud, Wang Li, Gerdi Nehlig et Piero Pépin.
Sous le regard de Camille Trouvé.
Marionnettes : Camille Trouvé
Scénographie Brice Berthoud et Dorothée Ruge.
Du 7 au 14 novembre

Théâtre 71
3, place du 11 Novembre, 92240 Malakoff
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  1. […] à lire sur theatrorama.com Written by admin in: AU FIL D'OEDIPE, TENTATIVE DE DÉMÊLAGE DU MYTHE, Événement | […]

  2. « Le destin ne tient qu’à un fil »

    oedipe / Répondre

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