Théâtrorama

Entre les arbres…

Correspondance entre mots, musique et danse pour une expérience intense auprès adolescents autistes de l’Institut médico-éducatif Les Parons à Aix-en-Provence.

Sur la scène, une toile peinte, trouvée dans les caves d’un théâtre, délimite l’espace sur lequel on danse, on se déplace, depuis lequel on parle. Tout près, Benjamin Dupé accompagne les premiers pas du danseur et chorégraphe Thierry Thieû Niang. Il les souligne, complète comme des mots supplémentaires. Après être intervenu pendant trois années auprès d’adolescents autistes, le chorégraphe fait part de la parole de leur corps. De leur danse. Il y introduit des gestes longuement contemplés, des mouvements que certains seraient tentés de nommer parasites mais qui sont ici regardés et travaillés comme une autre parole du monde. Le langage des adolescents ne peut s’entendre qu’à travers ces gestes là.

bois

Expression libre
Puis c’est en texte, ses feuilles à la main, que Marie Desplechin prendra la parole sur le plateau. C’est l’auteur qui parle sans jouer, sans se transformer en actrice. A partir d’une expérience intime, elle voguera vers les heures dans la salle de répétition. Les heures à écrire et regarder danser Thierry Thieû Niang et les adolescents. Patrice Chéreau suivra l’expérience en se plaçant comme quelqu’un qui regarde de l’extérieur : « l’une écrit, l’autre danse, et moi, je me rajoute. »

Sur scène notre regard se place lorsque les corps prennent la parole et que nous avons à rêver à partir du dehors, ce qu’il y a en dedans. L’auteur dit justement que ces gestes sont à priori incompréhensibles, ininterprétables, mais pour apercevoir les contours de leur monde il suffit de le rêver. Chaque geste comme un monde. Et c’est une porte que l’on ouvre vers l’extérieur.
L’humilité est partout, et c’est par l’écriture textuelle, musicale et corporelle que survient la poésie. Les artistes sur le plateau offrent leur expérience. Ils ouvrent leurs mots, déploient leurs gestes et nous invitent à regarder. Regarder avec eux ce qui murmure chante et vie au creux des gestes. Des corps hors d’eux-mêmes pour y saisir « un lieu du monde ».

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Au bois dormant
Marie Desplechin, texte
Thierry Thieû Niang, chorégraphie
Benjamin Dupé, musique
Patrice Chéreau, regard extérieur
Bertrand Couderc, lumière
Avec : Marie Desplechin, Thierry Thieû Niang
Bastien Lefèvre, danseur invité.
Jusqu’au 9 juin
Lundi et mardi à 21h

Théâtre de la Cité Internationale
17, boulevard Jourdan, 75014 Paris
http://www.theatredelacite.com/
Réservations : 01.43.13.50.50
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