Théâtrorama

Qui ne s’est amusé de couper un jour le son de certains films pour en réinventer les dialogues ? . La compagnie Asanisimasa – qui tire son nom du film 81/2 de Fellini – en a fait une des bases de son travail en revisitant la notion de fiction.

Adoptant le principe du détournement, remontant des images de films de fiction et d’archives, ou de documentaires, 5 comédiens doublent en direct les images projetées et racontent une autre histoire. Celle d’une petite ville bien tranquille des États – Unis comme nous l’ont raconté bien des films en noir et blanc des années 50.

Une petite ville où l’ordre règne et où la tranquillité est un mode d’existence. Dans cette aspiration où le principe de précaution est poussé à l’extrême, le premier grain de sable grippe (peut-être) la machine lorsque Daisy Benson repousse les avances de Bill Wheeler, fervent défenseur des essais atomiques préventifs qui ont lieu dans un désert aux abords de la ville. Les essais tournent mal et une bombe explose par erreur au-dessus de la ville. Les autorités minimisent leurs responsabilités et refusent de faire évacuer la ville. Les medias prennent le relais de cette désinformation. Tout se déglingue…

Le temps d’une séance de post-synchronisation, avec des mots qui disent notre époque, les 5 comédiens de la Compagnie Asanisimasa, qui jouent tour à tour les bons et les méchants, revisitent la notion de fiction. Les dialogues – souvent très drôles et décalés – se font en direct. Nous sommes les spectateurs de cette séance, face à un écran où sont projetées des images d’une autre époque et où sont dits des mots d’aujourd’hui.

Ce qu’il nous semble alors intéressant d’interroger, c’est notre posture de spectateur. Sommes-nous au cinéma ? Mais le flot d’images en décalage avec les dialogues nous empêche de nous identifier aux personnages et nous laisse extérieurs à ce qui se déroule sur l’écran. Sommes-nous au théâtre dans un spectacle vivant ? Auquel cas, tous les codes sont transgressés (acteurs, dos au public, action sur scène inexistante, aucune scénographie…) et ne nous permet pas plus de relation avec l’histoire. Il est manifeste que, dans cette aventure, le texte est le point de départ d’un processus qui se crée sous le regard et avec la complicité du public, mais ce processus existe en dehors de lui dans une recherche du rapport entre le texte, l’image et l’espace. Nous sommes devant des images vidées de leur sens , avec un texte qui impose une distance qui nous oblige à nous interroger sur la façon dont on peut manipuler les mots et les images. Qu’avons-nous vu exactement lorsque la lumière revient et que les acteurs, enfin face au public, viennent saluer ?

Atomic alert fait partie d’un ensemble plus large de manifestations organisées par trois associations : Confluences, Ars Longa et Collectif 12. Le festival qui réunit du 2 au 28 mars plasticiens et compagnies de théâtre sous le titre Re : media 2.0.1.0 quand les artistes retournent les media ont en commun cette volonté de fouiller les propos des media, de les détourner et de les mettre sens dessus – dessous. Qui communique avec qui ? Que dit-on dans cet espace public que l’on appelle media ? Que faire avec du web, vaste fourre-tout d’idées, de désirs et d’utopies, mais aussi espace de liberté, de créativité et d’interrogation ? Tous ces artistes, souvent très jeunes, sont en train de faire naître des formes de spectacles encore en gestation, entre théâtre et récit, installation et dispositif scénique.

[slider title= »INFORMATIONS & DETAILS »] Atomic Alert (site web)
Confluences, Maison des Arts Urbains
190 bd de Charonne – 75020 Paris
Réservations : 01.40.24.16.46

– THEATRE
EST-CE QUE LE MONDE SAIT QU’IL ME PARLE ?
Du 03 au 28 Mars sauf les lundis et mardis, à 20h (week-ends à 17h et 19h)

MODE D’EMPLOI DU DÉTOURNEMENT
Les 23 et 24 Mars à 21h

– DEBATS
DÉMOCRATIE LOCALE : LES CLÉS POUR VIVRE ENSEMBLE
Le 19 Mars à 21h

– PROJECTIONS
LA CONQUÊTE DE CLICHY
Le 18 Mars à 21h
SOIRÉE LES LUCIOLES
Le 25 Mars à 21h

– EXPOSITIONS
RERO
Du 26 Février au 03 Avril
SIGNALETIQUES
Du 03 au 28 Mars

À la galerie ARS LONGA 67 Avenue Parmentier – 75011 Paris- 01 43 55 47 71- Ouvert du mercredi au samedi de 14h à 19h. Entrée libre

EXPOSITION
LE PARADOXE DU PETIT MONDE
Du 04 au 27 Mars 2010[/slider]

Vous pourriez aimer çà

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *



Théâtrorama

Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir plus d'actualités et profitez de nos invitations

Votre abonnement est enregistré avec succès !

Pin It on Pinterest