Théâtrorama

Plus de cinquante personnages du show biz défilent à un rythme effréné grâce à la magie de l’imitation d’un garçon aussi sympathique que drôle. Toutes générations et milieux confondus. C’est confondant !

Sa belle gueule fendue d’un sourire quasi permanent lui confère l’allure du pote idéal, du gendre parfait, du frère qu’on n’a jamais eu auquel on ferait une déclaration à la Maxime le Forestier. Et c’est un fait : Didier Gustin est un garçon éminemment sympathique. Dans ce milieu où d’aucuns vous donnent la désagréable sensation être nés le jour de la Saint-Narcisse, la gentillesse, à l’instar du talent, répond souvent aux abonnés absents. Lui, il a les deux, uniformément répartis. Les spectateurs qui sortent de son spectacle vous abordent en voyant les notes que vous avez prises (car une heure vingt aussi fournies nécessitent cette béquille griffonnée dans le noir pour palier la claudication de la mémoire) et, vous entendant dresser un panégyrique de l’artiste, d’une seule voix vous répondent « Ça ne m’étonne pas, c’est bien ainsi qu’on l’imaginait ». Certes, le public peut se laisser abuser par ses impressions lorsque les illusions dont il s’est bercé sont maintenues savamment cachées par ceux dont c’est le métier de jouer un jeu parfois double. Mais, de Didier Gustin, on peut le dire : c’est un mec bien sous tous rapports.

Multiples voix
Sur scène, il respire cette sympathie et nous souffle son talent par bourrasque auxquelles, c’est légitime, la salle répond par des tornades de rires. La magie opère parce que ce gars-là a la simplicité du quidam et le talent de l’artiste. Les deux font la paire. Les deux et même plus… Pas christique pour deux ronds (son sketch sur les cathos, absolument hilarant, en atteste), il vous réussit pourtant une multiplication, non point des pains, mais des voix. Certes l’argument est mince et prend appui sur cet apanage du millénaire naissant : l’amitié électronique qui érige des murs sur lesquels on dépose ses états d’âme. Mais l’argument est là pour être rapidement oublié car au fond ce n’est pas pour lui qu’on s’est déplacé mais bien pour entendre des voix…

Ainsi vont se succéder à une allure vertigineuse prés d’une cinquantaine d’ « invités », de la chanson, du cinéma, de la télé sans oublier bien sûr la scène politique et même religieuse. Pas de conflit de générations. Pas de frontière non plus. Joe Cocker côtoie Marc Lavoine. Palmade succède à Brel. Raphaël emboite le pas à Souchon. Toutes les voix, tous les genres avec pour ciment ce talent d’imitateur inimitable. Quelques piques bien balancées (les adeptes de l’anti-vieillissement par le bistouri en prennent plein le museau et les stars du stand-up peuvent aller se rasseoir), entre ou pendant les morceaux chantés, lesquels dévoilent un delta impression sur le plan vocal. Tout cela est mené à un rythme d’enfer et témoigne d’un boulot qui se fait oublier. Et surtout c’est immensément drôle et relève d’un sens aigu de l’observation de notre tissu social.
Sympathique, Gustin ? Oui, assurément. Mais pas crédule…

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De et avec Didier Gustin

Théâtre du Gymnase
38 boulevard Bonne Nouvelle, 75 010 Paris
Depuis le 28 septembre 2010
Du mardi au samedi à 20 heures
Réservations: 01 42 46 79 79
Site web
Durée : 1h20

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