Théâtrorama

Mikhaïl Boulgakov écrit Morphine en 1927. Il y relate des événements fictifs de 1917-18 mêlés à sa propre expérience de la morphine. On nous propose ici l’adaptation d’une nouvelle sous forme d’échanges de lettres entre deux médecins.

L’histoire est celle d’un médecin, Poliakov, qui sort d’une relation passionnelle et souffre étrangement d’un mal de ventre dont il ne comprend pas l’origine. Pour faire disparaître la douleur, il se prescrit des doses de morphine. Il va de soi que la dépendance pointe vite son nez. La nouvelle raconte les différents états de ce personnage dont le combat est perdu d’avance. Parallèlement à sa chute, il entame une histoire avec l’infirmière qui travaille sous ses ordres.

Accrochages
On peut noter que le défi était grand : rendre clair un texte exigeant qui n’était à l’origine pas du tout adapté au théâtre. C’est une réussite puisqu’une bonne partie du texte est compréhensible. Le décor et les costumes sont très bien choisis et mettent le spectateur dans une atmosphère d’époque assez bien rendue. C’est visiblement le choix du metteur en scène que de nous mettre dans des ambiances car le son et la musique semblent également vouloir nous entrainer de force. Il est regrettable de constater que cela ne fonctionne pas. L’habillage sonore abusif ne fait qu’agacer un public averti qui n’a pas nécessairement envie d’être dirigé. A-t-on réellement besoin d’entendre le vent lorsqu’il est écrit dans le texte qu’il y en a ? L’utilisation de la vidéo est aussi un choix illusoire et fort heureusement ne dure que très peu de temps. Contrairement au son, celle-ci ne se veut pas explicative mais est totalement incompréhensible.

La narration est fastidieuse comme c’est souvent le cas lors d’une lecture de correspondance. Il faut prêter l’oreille mais, avouons-le, le texte en vaut bien la chandelle. Les deux jeunes acteurs qui interprètent Poliakov et l’infirmière sont très talentueux. Ils donnent un élan et un intérêt au spectacle. On a envie de comprendre leurs sentiments, leurs souffrances. Alors, seulement, on se trouve embarqué dans l’histoire. On peut déplorer certains problèmes de rythme et une dégradation trop rapide de l’état du patient Poliakov. En effet, on aimerait voir le plaisir avant la chute sans quoi il est difficile de saisir l’éveil de la dépendance. Parfois, on manque de temps pour respirer et ressentir avec les comédiens, et d’autre part leur lenteur nous engloutie. Quelques bijoux d’interprétation et des perles dans le texte rendent cependant le spectacle appréciable malgré son aspect rugueux et des choix un peu discutables.

[slider title= »INFORMATIONS & DETAILS »] Morphine (site web)
De Mikhaïl Boulgakov
Mise en scène de Thierry Atlan
Avec Jason Ciarapica, Jérémie Malavoy, Mathias Mégard
Jusqu’au 12 juin
Du mardi au samedi à 21hjusqu’au 12/06/2010

Le Lucernaire
53 rue Notre-Dame des champs, 75006 Paris
Réservations: 01 42 22 26 50
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