Théâtrorama

Et si, sur scène, un homme venait à dire exactement tout ce qui lui passait par la tête? Peut-on tout entendre ou doit-on ménager le spectateur? Ici, on a décidé de montrer un homme dans sa bêtise comme dans ses illuminations. Est-il possible de dévoiler l’humain sans lasser?

Un couple dans une baignoire. Elle demande une fois, deux fois, trois fois « A quoi tu penses? ». Elle ne prononcera même que ces mots. Ouverte à toutes les réponses, elle s’acharne à vouloir lire encore un peu plus loin dans la pensée de celui avec qui elle prend son bain.

Des bulles et du sel
Entrée des spectateurs après la montée des marches vers la salle Paradis du Lucernaire. Ici tout est calme, un homme prend son bain sur scène tandis que le public s’installe. Tout à coup une question sort d’on ne sait où, « A quoi tu penses? ». Et l’homme joue le jeu et nous sommes étonnés par cette simplicité dans les réponses.

Le décor est une salle de bains classique dans laquelle nos deux comparses vont partager des moments. Une mise en scène en distanciation par rapport au texte qui évite de l’alourdir et lui donne sens. On voit effectivement sur le plateau un homme qui se montre sous toutes les coutures et pas seulement les angles avantageux. Mise à nue caustique du genre humain sur un ton grinçant. L’homme est un quadragénaire libidineux machiste et obtus. Pourtant il n’a pas honte de le dire à sa partenaire et elle l’écoute avec tant de bienveillance qu’on se laisse progressivement toucher par le personnage.

Certaines actions de la mise en scène nous envoient dans une sensation de « était-ce bien nécessaire? » car en premier lieu elles ne semblent rien apporter au texte. Cependant ce sont ces successions d’actions loufoques qui donnent cette impression étonnante d’intimité. Les comédiens ont une palette appréciable, ils jouent de leurs corps et de leurs émotions jusqu’au bout des doigts de pieds. On pourrait globalement se plaindre d’un léger ennui lié à un texte parfois creux, des gags lourds qui ne fonctionnent pas mais cela ajoute étrangement au charme de la pièce. Nous voilà donc plongés dans le bain avec ce couple anormalement commun.

Les amnésiques n’ont rien vécu d’inoubliable
De Hervé Le Tellier Adaptation Frédéric Cherboeuf et Etienne Coquereau
Mise en scène de Frédéric Cherboeuf assisté par Sophie Lecarpentier
Avec Isabelle CAGNAT et Etienne Coquereau
à partir du 27 avril 2011
Du mardi au samedi à 19h00

Le Lucernaire
53 rue Notre Dame des Champs 75006 Paris
Site web
Réservations : 01.45.44.57.34

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