Théâtrorama

« Entrez Mesdames et Messieurs dans notre baraque foraine où nos freaks musiciens vous embarquent pour un voyage rock’n’roll et déjanté ! Ce soir, entrez dans nos âmes … Vous avez payé pour voir des êtres étranges »…

Des êtres étranges en effet qui peuplent ce nouveau spectacle du Maxi Monster Music Show mis en scène par Benoît Lavigne et qui évoque le cabaret forain des années 30. Jouant sur les clichés d’une imagerie populaire, le Maxi Monster Music Show revisite la monstrueuse parade de Freaks, film réalisé en 1932 par Tod Brownings, mais aussi l’univers des films de Fellini avec ses êtres singuliers et poétiques dont la physionomie nous impressionne et nous interpelle.

Ici, il y a tout d’abord Raymond Butor, l’athlète de poche qui tape sur sa batterie pour régler ses comptes avec l’humanité entière, la danseuse macabre, l’étoile filée du Bolchoï qui joue du violoncelle, Miss Gabrielle, la véritable femme-tronc qui, avec son mélodica, a connu son heure de gloire à 25 ans…il ya 25 ans, San Kardam, le fakir assomniaque, qui, les yeux toujours ouverts, ne laisse rien passer tout en jouant de la guitare électrique ou de la trompette et puis, le sourire inquiétant aux lèvres, au piano, Los Antonios, homme et femme à la fois, couple terrible des bas-fonds de la Nouvelle-Orléans. Et enfin, avec ses chansons qui racontent à un train d’enfer les secrets et les misères de la petite troupe, l’étoile de ce cabaret, l’immense Gina Trapezina, la vénéneuse et séductrice poupée barbue.

Iconoclaste et dérangeant
Puisant son inspiration à des sources diverses, le spectacle évoque la littérature fantastique du XIX° siècle, passant du cabaret expressionniste d’avant-guerre, aux films de Chaplin ou à ceux de Kusturica avec un détour par les séries TV. Au-delà de ces histoires de différence, les artistes du Monster Show sont aussi de sacrés musiciens. Du tango au jazz des années 20, ils arrivent à un rock déjanté et festif. D’une chanson à l’autre, dans une très belle lumière – de Sébastien Vergnaud- qui découpe, cache ou souligne l’action, ils entreprennent pour nous de « vider les malles de leurs secrets » souvent douloureux. Nous voilà mis dans la position à la fois inconfortable et émoustillante du spectateur-voyeur qui paie pour entendre l’exposé de l’intimité de ces êtres bancals et brinquebalés par la vie qui nous sont si proches. Mais, la grande Gina Trapezina, sous sa barbe, cache un cœur généreux qui sait apaiser notre culpabilité.

Dans sa singularité et sa cruauté – qui hésite parfois à aller plus loin – à travers l’évocation des désirs et des rêves d’êtres hors norme, le Maxi Monster Music Show nous parle avant tout de tolérance et de plaisir. À travers son exubérance et sa poésie, il nous dit aussi que les monstres ne sont pas toujours ceux que l’on croit. « Laissez-vous déranger, Mesdames et Messieurs, en voyageant dans ce spectacle salutaire et joyeux qui vous conduira, par des chemins étranges et mystérieux, à vos secrets les mieux gardés !« 

Le Maxi Monster Music Show
Cabaret Forain
Mise en scène : Benoît Lavigne
Paroles et musique : Maxi Monster Music Show
Collaboration artistique : Sophie Mayer
Avec : Solange de Dianous, Moïra Montier-Dauriac, Benoît Delacoudre, David Ménard, Antoine Tiburce,, Geneviève Thomas.
Lumières : Sébastien Vergnaud
Décors : Alain Juteau
Costumes : Geneviève Thomas
Crédit photo: Hervé Photograff
Durée : 1 h 30

Du 9 Décembre 2015 au 3 Janvier 2016 au Théâtre Lucernaire
Du Mardi au samedi à 21 h 30, Dimanche à 19 h

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